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Épisodes Virtuels

Boum !

Créateur : marguerite 
Date de création : 29.03.2009 à 03h02

Message du créateur :
Explosion, à la sortie d'une salle à spectacle, de la voiture de Gil et Sara. Leur relation apparaît alors au grand jour. Cependant, avec l'enquête, on se rend compte que l'explosion n&

Cet épisode compte 14 paragraphes

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CHAPITRE 1: Surprise

L'homme s'approcha de sa voiture. La femme la contourna pour aller prendre place sur le siège passager. Comme elle voyait que son amant ne déverrouillait pas les portes et qu'il semblait désemparé, elle leva la tête vers lui.

« Que se passe-t-il ? »

« Une bombe, vite ! »

Ils eurent juste le temps de s'éloigner un peu que...  

Boum !  

Tout le monde se tourna vers la provenance du bruit. Une voiture, plus loin, venait d'exploser. Quelques personnes s'élancèrent vers le couple qui s'était trouvé tout près de la voiture. D'autres sortirent en quatrième vitesse leur portable pour appeler les secours. Le couple qui était non loin de l'explosion était heureusement indemne. La rapidité d'action et le sang-froid de l'homme avait sans aucun doute sauver des vies.

Au front, la jeune femme avait seulement une petite coupure. Quand l'homme l'avait plaqué sur le sol pour la protéger de son corps, elle s'était légèrement blessée sur une roche sur le sol. Une blessure bien heureusement superficielle.

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Catherine, assise dans une des chaise capitonnée de la salle de repos, lisait un magasine. Greg parlait de ses dernières conquêtes à Nick. Ce dernier ne semblait avoir qu'un intérêt limité pour la discussion. Warrick fouillait dans le petit réfrigérateur caché sous le comptoir, espérant trouver un repas décent. Étrangement, la nuit était calme. Grissom et Sara était en repos. Quelqu'un aurait pu y trouver bizarre qu'ils le soient en même temps, mais cette fois, personne n'avait relevé la coïncidence. Brass pénétra de sa démarche lourde dans la pièce.

« Fini la paresse, il y a une explosion à la sortie d'une salle à spectacle. » dit-il sur le ton le plus banal.

« Des morts ? » demanda Greg.

« Aucun, par chance, le propriétaire de la voiture a vu la bombe et a crié aux autres de s'éloigner. Il n'y a qu'une femme, blessée au front. On s'y retrouve ? »

« D'accord » dit Catherine en acquiesçant.

Elle était la supérieure quand Grissom était absent, ce qui arrivait de plus en plus souvent.

« Pensez-vous que je devrais appeler Grissom ? » s'enquit Catherine, auprès de Brass.

« Je ne crois pas... Il est déjà là-bas. »

Catherine releva un sourcil, surprise. Tous les experts s'entassèrent dans la voiture et partir en direction du lieu de l'explosion.

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« Ils vont nous voir ensemble ! C'est vraiment ce que tu veux, Gil ? » demanda Sara à son amant, pendant qu'un ambulancier bandait sa blessure.

« Écoute Sara, » dit Grissom, tenant toujours la main de la jeune femme dans la sienne.  « Un jour, ils sauront. Autant qu'ils le sachent maintenant... »

Il ajouta après un court silence :

« J'en ai assez de me cacher. Tu ne peux même pas embarquer dans ma voiture quand on rentre à la maison. Tous ses secrets me pèsent et j'aimerais partager mon bonheur avec les autres. Cependant, n'oublie pas que c'est ma voiture qui a explosé. Ils trouveront tes empreintes sur la portière côté passager et un peu partout. Évitons les soupçons sur toi... »

Sara hocha la tête. D'accord ! Demain, elle pourrait aller rejoindre son amant et ne plus cacher sa relation avec lui. Elle pourrait afficher son amour et son bonheur. Elle ne craindrait plus d'aller faire des courses avec lui et de tomber sur un collègue.

Enfin...

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Catherine débarqua de la voiture, suivie des garçons. Elle voyait au loin les pompiers, essayant d'éteindre le brasier qui était auparavant une voiture. Il n'y avait qu'une ambulance. Les portes arrières de celle-ci était ouverte et l'experte apercevait une femme assise. Un ambulancier était debout devant elle et semblait soigner une blessure sur son front. À ses côtés, il y avait un homme qui lui tenait la main. Elle le reconnut immédiatement.

Voyant Sara et Grissom ensemble, main dans la main, au loin, Catherine se tourna vivement vers les garçons. Ils les avaient vus, elle le voyait par leurs expressions. Nick et Warrick ne quittait pas le couple des yeux. Quant à lui, Greg avait la tête baissée. Il n'avait pas l'air dérangé pas la vue des deux experts. Cependant, l'experte remarqua que le jeune homme serrait les poings et qu'il tremblait, probablement de rage. Elle ne laissa pas le temps aux gars de parler.

« Greg et Nick, vous vous occupez de la voiture. Warrick, tu viens avec moi. On va interroger les témoins. » dit Catherine.

Greg et Nick s'éloignèrent rapidement. Warrick était celui qui réagirait sans doute le mieux en présence du couple, ce qui expliquait le choix de Catherine.

« Je m'occupe des propriétaires de la voiture » déclara l'experte. « Occupes-toi des autres témoins. »

Sans hocher de la tête ou montrer son approbation, le jeune homme s'éloigna en direction de Brass et des policiers. Catherine partit pour aller rejoindre Grissom et Sara. Sitôt devant eux, elle leur posa les questions et agit avec eux comme avec n'importe quel autre témoin.

« C'est la voiture, là-bas, la vôtre ? » demanda-t-elle, en pointant le brasier que les pompiers tentaient encore d'éteindre.

Grissom ne répondit pas et jeta un regard consterné à Sara.

« Catherine... » commença-t-il.

Elle coupa aussitôt. « C'est ta voiture qui brûle, oui ou non ? »

« C'est la sienne! » s'exclama Sara.

« Merci, c'était pas compliqué ! » lança hargneusement Catherine à Grissom. Elle retrouva immédiatement son sérieux, consciente qu'elle parlait à son patron. « Maintenant, explique-moi ce qui s'est passé... »

Grissom commença à raconter : « On sortait de la salle à spectacle, moi et Sara. Je me suis approché de la voiture et j'ai vu un tube métallique collé sur la vitre extérieure. Il y avait un petit écran et le temps filait. J'ai compris qu'il s'agissait d'une bombe. Il restait environ cinquante secondes. Je me suis éloigné avec Sara et j'ai crié aux autres de s'éloigner. Quand ça a explosé, je me suis jeté sur le sol et j'ai tenu Sara contre moi, pour la protéger. Son front a heurté la chaussée. Ça explique sa blessure au front. Elle est superficielle, heureusement. »

« C'est tout ? » s'assura Catherine.

Durant le récit de Grissom, elle avait retrouvé son caractère plus amical envers lui.

« C'est tout » confirma Grissom.

Catherine se tourna vers Sara qui corrobora les faits rapportés par son amant.

« Personne ne vous a semblé suspect, durant la soirée ? » s'enquit Catherine.

Sara lança un sourire gêné à Grissom.

« Je.. » Elle rougit, prenant conscience de ce qu'elle allait dire. « Je... n'ai pas vraiment porté attention à ce que se passait autour de nous. »

La blonde jeta un regard à Grissom. Ce dernier affichait un air désolé.

« Moi non plus. » Puis, il ajouta devant l'air à Catherine : « Il est rare que nous sortons ensemble. Alors quand on le fait... on ne porte pas attention aux autres... » Il resserra sa poigne autour de la main à Sara.

Catherine baissa la tête vers le sol.

« Gil, je peux te parler ? » demanda Catherine, à son ami de toujours.

« Bien sûr, Catherine. »

« Seul à seule » précisa-t-elle en jetant un regard malveillant à Sara.

Cette dernière se sentit de trop et s'éloigna légèrement. Avant qu'elle soit rendue trop loin, Grissom passa un bras autour de sa taille, la ramenant contre lui. Pendant un instant, Sara et Catherine crurent que Grissom voulait que Sara reste avec eux. Finalement, il déposa un doux baiser sur la tempe de la jeune femme.

« On se retrouve tout à l'heure, Chérie. »

Sara s'éloigna aussitôt. Elle n'était pas gênée, seulement surprise. Habituellement, Gil ne montrait pas ses sentiments en public, mais le nouveau Gil, attentionné et tendre, lui plaisait énormément. Elle erra sans trop savoir où elle allait. Soudain, son portable sonna.

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Catherine regarda Sara s'éloigner.

« Depuis quand ? » demanda-t-elle, sans préciser de quoi elle parlait.

De toute façon, c'était inutile de préciser, Grissom avait compris de quoi elle parlait.

« Un moment » dit-il simplement.

« Des années? »

« Deux ans.»

« Deux ans !» Catherine n'en revenait pas. « Tu ne nous a rien dit ?!? » lui hurla-t-elle.

« Me l'as-tu déjà demandé ? » rétorqua Grissom. « Et puis, nous avons notre vie privée... »

Il vit Sara qui revenait à grandes enjambées vers lui.

«Mike a appelé. Il aurait besoin de moi pour s'occuper de Lauren. Suzy a des problèmes avec sa grossesse et il doit aller à l'hôpital avec elle, mais il ne peut se résoudre à laisser Lauren seule chez lui. » dit-elle.

« Appelle un taxi, va t'occuper de Lauren. Je vais rester ici et je t'appellerai avant de rentrer... »

Sara s'approcha de lui et ils s'embrassèrent tendrement. Ce fut simplement un doux baiser posé sur les lèvres de l'autre, mais on sentait l'amour qui s'en dégageait. N'importe qui aurait été jaloux de voir un tel amour régné entre deux personnes

« À tout à l'heure ! » dit-elle en s'éloignant pour de bon.

« Tu te rends compte que tu viens de te mettre dans le trouble avec Ecklie et le shérif, Gil ? » lui cria Catherine.

« Cath, pas besoin de hurler, je ne suis pas sourd. De toute façon, ils diront ce qu'ils voudront, moi et Sara, on s'aime. On a des projets d'avenir et... »

Il regarda Catherine dans les yeux.

« Laisse tomber. Tu ne comprends pas. »

« Comment ça, je ne comprends pas ? » Désormais, elle était offensée. « À ce que je sache, si on m'explique, je peux comprendre... »

Grissom fit non de la tête. « Tu n'as pas encore trouvé en toi la capacité à aimer. Tu analyses trop et tu penses avec ta tête et non avec ton cœur. C'est pour ça que tu es encore seule et que tu en trouves pas l'amour de ta vie. Tu dois apprendre à écouter ton cœur avant ta tête... »

Catherine éclata de rire et Grissom la regarda d'une façon qui signifiait clairement « Je suis sérieux! »

« Et c'est toi qui me dit ça ! »

« Catherine, ce que je te dis, c'est Sara qui me l'a appris. Et crois-moi, si je l'avais compris avant, tu peux être certaine que je serais déjà marié à Sara et qu'on aurait plusieurs enfants. Mais par ma stupidité, j'ai attendu et j'ai résisté à ce que mon cœur voulait vraiment, à cause de ce que pensait ma tête. Et aujourd'hui, je regrette. Tu sais, il n'est pas trop tard pour changer ta mentalité... »

« D'accord, le stress, le choc, je peux comprendre les impacts que ça a sur toi, mais franchement, tu dérailles ! »

« Crois ce que tu veux, Catherine, je sais ce que je fais... »

Il y eut un silence entre les deux amis. « Qui est Lauren ? » demanda Catherine, brisant le silence, soudainement.

« C'est ma nièce. Mon frère s'est marié, cet été. Lui et sa femme avait déjà Lauren. Mais, Suzy est tombée enceinte il y a peu. Elle est rendue à cinq mois de grossesse et ça ne va pas très bien. Mike est très inquiet. Il va régulièrement à l'hôpital et demande souvent à moi et Sara de s'occuper de Lauren. Je l'adore, elle n'a que deux ans, mais elle apprend très vite et pose toujours des questions à moi et Sara... »

« Tu t'occupes de la fille de ton frère ? J'ignorais que tu avais la fibre paternelle... »

« Sara et moi projetons d'avoir des enfants prochainement, alors il faut bien se pratiquer un peu... »

Catherine retint un rire. « Qu'est-ce qui est drôle ? » s'enquit Grissom.

« Je ne te connaissais pas comme ça... Plus tu fréquentes Sara, plus tu deviens bizarre, on dirait. »

Gil eut un sourire. « Alors, j'aime être bizarre. »


marguerite  (29.03.2009 à 03:06)

Sara avait assis Lauren sur ses genoux et la berçait tendrement. La fillette somnolait et Sara aurait pu aller la porter dans son lit. Cependant, le jeune femme adorait bercer cette petite. Elle trouvait adorable son air endormi. Quand elle la regardait dormir, Sara avait toujours l'impression que tout allait bien. Elle ne pouvait que sourire en voyant le visage si serein de la petite. La dernière fois que Gil et elle en avaient parlés, ils avaient convenus d'arrêter de se protéger et que si Sara tombait enceinte, ils auraient leur premier enfant.

Or, Sara était enceinte...

La porte d'entrée de la maison du frère à Grissom s'ouvrit lentement. Mike et Suzy entrèrent. Le couple s'avança vers Sara.

« Encore désolés de vous avoir dérangé durant votre soirée de repos, mais... » commença Mike en désignant Suzy.

Sara le rassura avec un grand sourire.

« Tu sais comment j'aime m'occuper de Lauren. Ce n'est jamais très forçant. Et puis, c'est important que vous vous occupiez bien du prochain. »

« Gil n'est pas venu ? » s'étonna Suzy. « Pas une enquête qui vous a dérangé ? »

« Si Gil t'a abandonné durant la soirée pour une enquête, je te jure qu'il est pas mieux que mort! » s'exclama Mike.

« Chut... Vous allez réveiller Lauren. » s'empressa de dire Sara, bien qu'elle savait que dès que la fillette fermait les yeux, il aurait fallu un concert rock pour la réveiller, et même encore... « Non, non... Disons plutôt que c'est nous qui avons dérangés nos collègues, au lieu du contraire. »

Suzy s'installa dans le canapé devant Sara. Mike prit place à ses côtés, debout, une main sur l'épaule.

« Que s'est-il passé ? » s'inquiéta Suzy.

« Rien de bien grave... Notre voiture a explosé, mais excepté ça tout va bi... »

Mike la coupa : « La voiture a explosé et tout va bien ? »

« Écoute... ça fait partie des risques du métier. Et puis, personne n'est mort et pas de blessés sérieux. Seulement, désormais nos collègues savent que nous somme ensemble. Sinon, tout va bien. Il n'y a que moi qui est été légèrement blessé au front. »

Elle dégagea son front pour leur montrer le pansement qu'elle avait sur le front.

« Et comment ils le prennent les collègues ? » demanda Suzy, comprenant que c'était la pire partie de l'histoire.

« Mal, si on peut dire. Greg, Nick et Warrick ne m'ont pas adressés la parole. Brass a été surpris, mais je crois qu'il s'en doutait, à moins que Gil lui est dit. Les policiers s'en balancent. Et Catherine a engueulé Gil comme du poisson pourri. » Durant le témoignage de Sara, Suzy et Mike sentirent la peine qui en ressortait.

« Ce n'est pas le pire » continua Sara. « On risque d'avoir de gros ennuis au labo quand on va arriver ce soir. Le shérif et Ecklie risque de nous tomber dessus. Gil semble ne pas s'en inquiéter, mais vous le connaissez, tout est toujours en son contrôle. N'empêche que cette fois... »

Elle ne finit pas sa phrase et ferma plutôt les yeux pour réfléchir. Comprenant qu'elle avait terminé de parler, Mike prit Lauren dans ses bras et alla la coucher. Comme Sara semblait épuisée, Suzy lui proposa de dormir dans la chambre d'amis.

« J'apprécierais énormément... »

Elle se leva pour aller se coucher, quand son portable sonna. C'était Grissom.

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« Salut, mon ange, ça va ? » demanda Grissom.

Immédiatement, Brass se tourna vers lui. Son air lui disait clairement : « Fais-tu exprès ou...? » Captant le regard de Brass, Grissom s'éloigna encore un peu plus de ses collègues. Nick échangea un regard avec Warrick. Catherine soupira fortement. Greg s'exclama :

« Elle a le droit d'aller se coucher et nous on doit travailler ! »

Il s'attira les foudres de Warrick, Nick et Catherine. « Greg ! Je te signale que c'était tout de même sa nuit de repos. Elle n'a aucune obligation de venir au labo ! » murmura furieusement Catherine.

Plus loin, Grissom parlait toujours à Sara. « Écoute, va te coucher, on se verra au travail ce soir... Non, non... Ne t'en fais pas... Ok je te tiens au courant. »

Il y eut un silence. « J'aimerais mieux que tu restes chez Mike... Je t'expliquerai tous plus tard... Oui en effet. Bye bye, fais attention à toi et sois prudente... »

Il raccrocha et remis le téléphone en place. Grissom revint au côté de ses collègues. Brass lui lança :

« Tu ne lui as pas dit la vérité ? »

« Je ne voulais pas l'inquiéter plus qu'elle ne l'est déjà. Et puis, elle est chez mon frère. Mike a une formation en technique policière. Elle est encore plus en sécurité avec lui qu'avec moi. »

Il regarda les débris étalés devant lui. « Qu'avez-vous trouvé ? »

« Une minute ! » intervint Catherine.

« Oui ? » s'enquit Grissom.

« Pourquoi la bombe était-elle posée sur la fenêtre, à l'extérieur du véhicule, là où c'était visible, si le but était, pardonne-moi de dire ça, de vous tuer tous les deux ? Parce qu'on s'entend que celui qui a posé la bombe là avait de mauvaises intentions. Il voulait sûrement votre mort, logiquement... »

« C'est vrai ! » ajouta Warrick. « Habituellement, la bombe va être posée à l'intérieur du véhicule. Ainsi, les victimes ne la voient et... explosent. »

« Gil, nous caches-tu quelque chose ? Après l'explosion n'a pas semblé t'ébranler outre mesure, contrairement à Sara... » dit Brass.

Grissom baissa la tête, mal à l'aise.

« Ce n'était pas la première fois que tu recevais des menaces, vrai ? » ajouta Catherine.

Grissom frotta de sa main gauche sa barbe. Il voyait bien que les autres attendaient sa réponse.

« C'est vrai, ce n'était pas la première fois.. Je pensais pouvoir régler ça par moi-même, mais... » Il soupira. « Écoutez, au début, j'ai pensé que c'était une blague... » tenta-t-il de se justifier en voyant les regard que les autres lui lançaient.

 « Sara est-elle au courant ? » demanda Nick.

Grissom baissa la tête tout en faisant non. « Elle n'en sait rien. Je ne voulais pas qu'elle s'inquiète. »

« Voilà, maintenant, elle peut s'inquiéter. »

« Je crois que je sais pourquoi la bombe était à l'extérieur de la voiture. » avoua Grissom.

Sentant qu'il avait capté l'attention des autres, il releva lentement la tête en disant : « Celui qui a fait ça voulait que je sache que ses menaces étaient sérieuses. L'explosion de la voiture, ce n'était qu'un avertissement. »

Puis, son visage se ferma, il se remit à contempler ses pieds. Grissom ne souhaitait pas voir les regards que lui lanceraient les autres. Les autres, catastrophés par la révélation de Grissom, se jetaient des regards inquiets.

Car si ce n'était qu'un avertissement, que serait réellement l'attaque ?


marguerite  (30.03.2009 à 15:19)

Grissom allait quitter le labo et retrouver Sara chez Mike. Il venait de verrouiller la porte de son bureau, d'éteindre la lumière, de prendre son sac...

« Gil ! » s'écria une voix derrière lui.

Il se tourna vers la provenance de l'appel et, désappointé, constata qu'Ecklie l'appelait. Grissom avait justement trouvé étrange qu'il ne l'ait pas abordé durant la nuit. Il espérait que le directeur serait tout de même gentil avec lui.

« Oui Conrad ? » demanda Grissom, s'approchant de lui.

« Dans mon bureau, j'aimerais vous parler... »

Les deux hommes entrèrent dans le bureau du directeur. « Que puis-je faire pour vous ? » s'enquit Grissom, poliment. Il avait cependant une bonne idée de ce que lui voulait le directeur.

« Asseyez-vous Gil » dit-il en montrant la chaise devant son bureau.

Grissom s'installa dans la chaise devant lui.

« J'ai entendu des rumeurs vous concernant et concernant... Sara Sidle. » commença-t-il à expliquer. Il essaya de voir la réaction de Grissom, en vain d'ailleurs, car ce dernier ne manifestait aucune émotion. « Il paraît que vous êtes ensemble... depuis un moment. »

Grissom acquiesça. « Ce n'est pas une rumeur, c'est tout ce qu'il y a de plus vrai » précisa Grissom.

« Vous connaissez le règlement... » avertit Ecklie d'un air mauvais. « Un des deux devra partir. Comme vous êtes le superviseur de l'équipe de nuit, je suggère que Sara soit mutée à l'équipe de jour ou à celle de relève... »

« Il n'en est pas question. » dit calmement, mais fermement Grissom.

« Pardon ? » s'exclama Ecklie, interloqué.

« Vous m'avez bien compris, Conrad. » Grissom prit une pause. « Et si vous la renvoyez, je partirai aussi. »

« Si je comprends bien, vous ne me laissez pas le choix ? » lança Ecklie d'un air mauvais.

« Au contraire » rétorqua Grissom. « Vous avez le choix. Nous deux ou rien. Voilà votre choix. »

Conrad Ecklie toisa Gil Grissom pendant quelques minutes avec colère. « Très bien, je vous garde tous les deux. Cependant, vous ne pouvez plus travailler ensemble sur une enquête, à moins que toute l'équipe soit dessus. Également, Catherine devra faire les évaluations de Sara. »

« Très bien ! » fit Grissom, ravi. Bon, il travaillerait plus rarement avec Sara, mais au moins, elle restait dans son équipe.

Il se leva et sortit sans attendre.

« Bonne journée Conrad ! » lui lança joyeusement avant de sortir.

Il referma doucement la porte et Catherine, sac sous le bras, s'arrêta devant lui. Grissom soupira et se massa rapidement l'arête du nez.

« Qui est renvoyé ? » demanda-t-elle, curieuse.

Grissom fit quelques pas dans le couloir avant de se tourner vers Catherine. « Qu'est-ce qui te dit que quelqu'un a été renvoyé ? » lui dit-il, de mauvaise humeur.

« Pas besoin d'agir ainsi avec moi ! » s'indigna Catherine. Elle fit les derniers pas qui les séparait.

« Désolé Catherine... Je suis seulement épuisé. J'ai hâte de retrouver Sara. »

Les deux experts avancèrent côte à côte jusqu'à la sortie.

« Tu l'aimes vraiment ? » s'enquit Catherine.

Grissom la regardait de biais et elle vit l'éclat qui allumait ses yeux. Oui, il aimait réellement Sara et bien au-dessus des mots ou des gestes. Il l'aimait tout simplement. Et bien qu'il ne lui est jamais dit, elle le savait pertinemment. Grissom quitta Catherine à la sortie du bâtiment.

Il se rendit au taxi qu'il avait appelé avant que Ecklie ne l'interpelle. Grissom ouvrit la porte et s'installa à l'arrière de la voiture, s'excusant auprès du chauffeur de l'avoir fait attendre. De toute façon, il allait bien lui donner un petit supplément pour sa patience.

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Sara s'était recroquevillée au milieu du lit, en boule. Ça lui avait pris du temps à s'endormir. En parlant à son amant avant de se coucher, elle avait compris qu'il lui cachait quelque chose. Cette certitude l'avait turlupinée toute la nuit. Finalement, à bout de force, la jeune femme avait sombré dans un sommeil agité. À son réveil, elle chercha pendant quelques instants où elle se trouvait, puis réalisa qu'elle était chez son beau-frère.

Désormais, quatre voix lui parvenaient du salon, la pièce sur laquelle la porte de la chambre d'amis s'ouvrait. Elle ne tarda pas à les identifier.

La première était celle de Lauren.

La deuxième, celle de Suzy.

La troisième n'était que Mike.

Et la quatrième, elle l'aurait reconnu entre milles. Il s'agissait de Gil.

« Salut Oncle Gil ! » s'exclama joyeusement Lauren.

« Pas si fort... » chuchota Suzy. « Tu risques de réveiller Tante Sara... »

« Alors, la nuit n'a pas été trop longue ? » demanda Mike.

« Pas trop pire... » dit doucement Grissom. « Où est Sara ? » s'enquit-il alors.

Sara entendit simplement Mike répondre : « Elle dort dans la chambre d'amis. »

Grissom dut acquiescer, car Suzy lui parla ensuite de la voiture.

« C'est vrai ce que Sara nous a dit hier soir ? À propos de la voiture ? » L'inquiétude perça sa voix.

« Oui, mais heureusement, personne n'a été blessé. » les rassura Grissom.

Un léger raclement de gorge le fit rectifier. « Je voulais dire que personne n'a été blessé sérieusement. Seul Sara a eu une petite coupure au front... »

« Et les collègues ? » continua Mike.

« J'ai parlé au directeur du labo. » dit-il simplement. Grissom ne souhaitait sans doute pas s'étendre sur le sujet. « Les autres le prennent... de façon différente. Certains semblent furieux, bien que j'ignore pourquoi... »

« Peut-être parce qu'ils se sentent trahis ? » proposa Suzy.

« Maman... Je dois aller aux toilettes ! » s'écria Lauren.

Sara entendit des pas qui s'éloignaient. Durant tout le dialogue, elle avait gardé les yeux fermés. Pendant un instant, elle avait cru que l'explosion de la voiture n'était qu'un cauchemar et que sa relation avec Grissom était encore secrète.

Soudain, la voix de Grissom se rapprocha de la porte et il dit clairement à son frère :  « Je vais aller la voir et peut-être dormir un peu. À toute à l'heure... »

Puis, la porte s'entrouvrit un peu plus et se referma sans bruit. Grissom fit quelques pas vers le lit et souleva doucement la couverte. Il se coucha aux côtés de Sara et contempla pendant un moment son doux visage endormi. Il ne put s'empêcher de tendre la main pour aller replacer une mèche rebelle qui traversait son visage. Sara, toujours les yeux fermés, prit sa main dans la sienne. Leurs doigts s'enlacèrent d'un geste naturel.

« Réveillée ? » s'étonna Grissom. Puis, il se pencha doucement sur elle et déposa un baiser à la commissure de ses lèvres.

Sara glissa son autre main sur sa nuque pour le rapprocher d'elle et allonger et intensifier le baiser. Grissom l'embrassa en retour, mais il ne la laissa pas aller trop loin.

« On est chez mon frère... » tenta-t-il de lui rappeler.

Elle grogna faiblement, pour montrer sa frustration. Gil ne put s'empêcher de sourire en voyant sa mine effarouchée. Il voulut la prendre dans ses bras et se coucher à ses côtés pour dormir, mais elle le poussa légèrement, l'éloignant d'elle. Il la regarda sans comprendre.

« Tu ne dormiras pas tant que tu ne m'auras pas dit ce qui s'est passé cette nuit en mon absence... » insista-t-elle. Elle croisa les bras sur sa poitrine pour lui montrer qu'elle y tenait.

« Très bien, Sara... J'ai parlé à Ecklie et il voulait te renvoyer et je lui ai dit que... »

« T'es renvoyé ! » s'exclama Sara, posant sa main sur sa bouche.

« Tu devrais me laisser finir. Bien sûr que non. Je lui ai dit qu'il avait le choix. Soit il nous avait tous les deux, soit il nous perdait tous les deux et... »

« T'es incroyable Gil... C'est la meilleure façon de nous attirer des ennuis et... »

« Sara ! Veux-tu que je te raconte ce qui s'est passé oui ou non ? »

Elle fit un signe qui montrait qu'elle garderait le silence. Grissom put enfin lui raconter de quoi fut constitué sa nuit de repos manquée. Il n'aborda pas les aspects de l'enquête, se bornant à parler de son entretien avec Ecklie. Sara ne manqua pas de s'en apercevoir, mais elle fit comme si de rien n'était. Il lui en parlerait sans doute plus tard.

Malgré le fait que Grissom est tenté de cacher son anxiété face à la bombe, Sara s'en aperçut. C'était en soi une atteinte à leur vie. Sara décida de laisser passer, elle le saurait plus tard, sans aucun doute.

Après que Grissom eut fini de parler, Sara se leva et commença à s'habiller. « Tu vas dormir ? » demanda-t-elle à Gil.

« J'ai pas dormi cette nuit, moi... »

Sara s'approcha et lui envoya un coup dans les côtes. « T'avais rien qu'à venir me voir et dormir dans mon lit, plutôt qu'aller t'occuper de l'enquête au labo... »

À contrecœur et en dépit de sa fatigue, Grissom se leva également. Le couple passa à leur maison, prirent une douche et se changèrent rapidement de vêtements. Ensuite, ils partirent pour le labo. Maintenant que tout le monde savait, ils n'auraient plus à se cacher, mais il était hors de question qu'ils s'embrassent ou se tiennent par la main devant tous. Il y avait quand même des limites à respecter.

Cependant, dès le moment où ils pénétrèrent le bâtiment côte à côte, ils sentirent les regards se poser sur eux. Que ça soit aux vestiaires, près du bureau de Griss ou dans la salle de repos, ils se sentaient observés. D'ailleurs, ils étaient dans la salle de repos quand ils furent rejoints par Greg, Nick et Warrick. Griss et Sara était assis à la table, un à côté de l'autre et buvait un café.

Les trois gars ne leur accordèrent pas un regard et s'installèrent à l'autre extrémité de la pièce, dos au couple. Sara échangea un regard peiné avec Grissom.

« Salut les gars ! » Elle tenta de se donner un ton joyeux, mais sa peine face à leur attitude était palpable. Les garçons ne réagirent pas, à croire que Sara n'avait jamais parlé. Catherine et Brass entrèrent dans la pièce. Jim leur fit un grand sourire et Catherine murmura un faible bonjour.

« Alors Gil, j'ose espérer que tu as les lettres de menace avec toi...» s'exclama Catherine.

L'incompréhension qu'elle lut sur le visage de Sara l'étonna au plus haut point. Elle lança un regard incertain à Grissom.

« Quelles lettres de menace ? » demanda Sara, mi-furieuse, mi-apeurée.

« Tu ne lui as toujours rien dit ?!? » s'étonna Catherine.

Sara se leva et regarda Grissom, désormais furieuse. « Qu'est-ce que tu ne m'as pas dit ? »

Les trois gars se tournèrent, presque amusés de voir Sara furieuse contre Griss.

« Je peux savoir de quoi elle parle ?!? » s'écria Sara.

Retrouvant l'usage de la parole qu'il avait momentanément perdu, Grissom balbutia quelque chose comme : « Je voulais... t'en parler, mais je... Je savais pas comment et... Je voulais pas t'inquiéter plus.. nécessaire... »

Il y eut un instant de silence, pendant lequel on aurait pu entendre une mouche volée.

« Je jugeais inutile de t'inquiéter pour ça.... » tenta-t-il de se justifier.

« Et maintenant, ça te semble toujours aussi inutile ? » cria la voix furieuse de Sara.

« Sara, ne soit pas comme ça... » essaya de la calmer Grissom.

Il tenta de glisser sa main sur la sienne, mais Sara se dégagea vivement.

Elle se tourna vers les autres. « J'ai besoin de prendre l'air ! » dit-elle avant de sortir de la pièce, toujours aussi en colère.

Surpris, Grissom resta assis sur sa chaise. Catherine et Brass se regardaient, tentant de ne pas rire. Greg, Nick et Warrick éclatèrent de rire devant la déconfiture de Grissom.

« Elle est encore plus belle en colère... » pensa intérieurement Grissom.


marguerite  (04.04.2009 à 23:14)

C'était silencieux dans la salle de repos. Ce devait faire cinq minutes que Sara était sortie et Grissom décida de sortir les lettres de menace de sa poche.

« Pas d'empreintes, pas d'ADN. Les lettres ont collées avec de l'eau. Celui qui a fait ça savait ce qu'il faisait. » déclara-t-il.

« Évidemment, pensa Catherine. C'était sûr que Grissom avait fait des recherches sur les lettres. »

« Rien à en tirer, donc » Il les ouvrit tout de même pour les faire lire aux autres. « Écrites en Times New Roman, caractère 12. Les trois lettres ont été mises directement dans ma boîte aux lettres.»

Il étala les lettres sur la table. Après le départ de Sara, Warrick, Nick et Greg s'étaient approchés. Ils regardaient à présent les lettres par-dessus l'épaule à Brass.

« J'en ai reçu trois. Si je n'en ai pas parlé, c'est que la première ne m'était pas vraiment adressée. Je n'en ai pas vraiment bien compris la teneur.»

Catherine commença à lire la première lettre de menaces.

Bonjour mes très chers,

Je dois m'avouer ravi de vous voir ensemble. Cependant, une promesse est une promesse et il est à moi ! Jamais vous ne le reverrez et vous pouvez faire une croix là-dessus.

Quand on donne, on donne, on ne prête pas.

Oubliez-le ou c'est vous qu'il faudra oublier...

XY

P.S. Je ne rie pas avec ça...

Catherine fronça les sourcils. En effet, la lettre n'était pas vraiment claire. Elle passa à la deuxième.

Mon fusil est prêt et chargé. La prochaine fois que vous vous approchez un peu trop, la balle ne sera plus dans le fusil, mais dans votre tête. C'est clair ?

XY

« Il ne précise pas de quoi il parle. On est censé deviner ou quoi ? » se demanda Catherine. Elle commença à la dernière. Elle ne contenait qu'une phrase, tout de même inquiétante.

Ça y est, je passe à l'action.

XY

« J'imagine que la dernière a été reçue quelques jours avant l'explosion. » suggéra Catherine.

Grissom acquiesça. « Je vais aller parler à Sara... » dit Catherine en quittant la pièce.

Elle trouva la jeune femme, à l'extérieur. Elle tentait de prendre un bol d'air pour se calmer, mais ça n'avait pas vraiment l'air de marcher. Son visage était encore rouge. Catherine s'approcha et s'installa en silence à côté de la jeune femme. Elle n'accorda pas un regard à la blonde, se bornant à fixer un arbre devant elle.

« Ça va, Sara ? » demanda Catherine, inquiète.

« Super ! » s'exclama la jeune femme, d'un ton ironique. « Mes meilleurs amis, Greg, Warrick et Nick ne me parlent plus. L'homme que j'aime et en qui j'ai une confiance infinie me cachait que nous recevions des lettres de menace. Notre voiture a explosée... » Elle prit une grande inspiration. « Mais tout va bien ! »

Catherine essaya de consoler Sara. « Écoute Sara, Gil voulait te protéger. Il s'inquiétait, mais il ne voulait pas que tu le sois. Il n'avait pas de mauvaises intentions. »

« Je sais » marmonna faiblement Sara.

« Et puis, j'ai lu les lettres. Je ne vois aucun rapport avec vous. Donc, en ne t'en parlant pas, Gil pensait t'empêcher de t'inquiéter pour rien. »

Sara ne dit rien et resta silencieuse.

« Quant à Greg, Nick et Warrick, ça leur a fait un choc. Laisse-leur le temps de se calmer. Ils se sentent trahis, car ils ignoraient tous. Mais laisse-leur du temps. De toute façon, ils ne peuvent pas passer une journée entière sans te parler. Ne t'inquiètes pas pour eux. »

Sara acquiesça lentement et soupira fortement.

« Je ne voulais pas que vous l'appreniez comme ça. J'imaginais vous inviter à la maison cet été. Faire un barbecue avec vous tous, même Brass. Gil, Thomas et moi... »

Elle se mordit la lèvres, furieuse d'avoir parlé de Thomas.

« Qui est Thomas ? »

Sara murmura à peine, « Personne »

« Le chien s'appelle Hank, si je ne me trompe pas ? »

« En effet, il s'appelle Hank. »

« Alors qui est Thomas ? »

Les larmes montèrent aux yeux de Sara. Elle faisait non de la tête. Elle ne pouvait pas en parler à Catherine avant d'en parler à Griss.

« Sara, tu peux tout me dire. Je n'en parlerai pas à Gil, tu le sais. Qui est Thomas ? »

« Mon fils » dit lentement Sara. Une larme roula sur sa joue. Surprise, Catherine ouvrit la bouche. Elle s'était attendue à tout, sauf ça.

« Ton... Ton fils ?»

Sara la regarda en opinant.

« Ça c'est... inattendu... » trouva à dire Catherine.

« Je sais »

« Et... qui est le père ? » s'enquit Catherine, toujours sous la surprise.

« Qui veux-tu que ce soit ? » répliqua-t-elle d'un ton amer. « Gil, bien entendu »

« Pourtant, je ne t'ai jamais vu enceinte et... Je ne suis pas aveugle ! » s'exclama Catherine.

« C'est parce que c'était avant de venir à Vegas. Environ un an et demi avant que Gil m'appelle. » expliqua Sara.

 « Est-il au courant ? »

« Non, bien sûr. »

« Comment ça s'est passé ? » questionna alors Catherine.

Sara la regarda en fronçant les sourcils. Son air indiquait clairement « Comment veux-tu que ça se soit passé ? »

« Je veux dire... Vous étiez amants ? »

« C'est plus compliqué que ça. » Elle inspira de nouveau profondément et Catherine crut qu'elle ne lui en reparlerait plus. Aussi fut-elle étonné quand Sara se remit à parler.

« Il était mon professeur, j'étais son élève. Dès le premier regard, je suis tombée amoureuse de lui. On s'est fréquenté pendant un mois. On a beaucoup discuté, que ce soit autour d'un café, d'un repas ou d'une bouteille de vin. On a flirté également. Mais pendant un mois, il ne s'est rien passé. Après son départ, pendant un an, j'ai voulu prendre contact avec lui, mais j'avais beaucoup trop la trouille. Alors, on a eu une enquête commune un an et demi avant qu'il m'appelle. Il est venu à Frisco. On a travaillé ensemble comme deux professionnels. Cependant, une fois l'enquête réglée, il m'a invité à souper. Ce soir-là, on a bu un peu plus qu'à l'habitude. Il m'a emmené à sa chambre d'hôtel... Je crois que j'ai pas besoin de te faire un dessin, Cath, pour que tu comprennes ce qui s'est passé. »

Un sanglot parcouru alors sa voix. « Le lendemain matin, quand je me suis réveillée, il était parti. »

« Il t'a fait ça ! » s'exclama Catherine, furieuse de l'attitude son meilleur ami. « Il t'a laissé un mot, j'espère ? »

« Même pas ». Elle essaya ses larmes et soupira. « Quand j'ai découvert que j'étais enceinte, j'ai paniqué. Malgré tout, je ne pouvais pas imaginer que j'allais avorter, parce que j'aimais Gil. Même après ce qu'il m'avait fait, je l'aimais encore et je savais qu'un jour nous serions de nouveau ensemble. J'ai mené la grossesse à terme. J'avais un couple d'amis qui ne pouvaient pas avoir d'enfants. Je leur ai confié en leur faisant promettre que si un jour, je revenais avec Griss, ils devaient nous le rendre. »

Des mots de la première lettre de menace revinrent en tête à Catherine.

Quand on donne, on donne, on ne prêt pas...

Thomas avait-il un lien avec toute cette histoire ?


marguerite  (04.04.2009 à 23:22)

Les deux femmes avaient beaucoup de choses et d'autres après les surprenantes confidences de Sara. Après un moment, Catherine se leva en soupirant et dit à Sara :

« C'est bien beau tout ça, mais il faudrait que tu en parles à Griss. C'est quand même lui le père de Thomas... »

« Je sais » avoua Sara en se levant et en suivant Catherine à l'intérieur du bâtiment. « Ce qu'il y a, c'est que j'ignore comment lui avouer et surtout aborder le sujet... »

Elle se tut aussitôt, car elle vit, au bout du couloir, le bureau de Griss. Ce dernier était assis sur un coin de son bureau et lisait un papier. Elle vit les rides se former sur son front, car il fronçait les sourcils. Il devait être très surpris. Sara l'observa pendant quelques instants. Comment allait-elle le coincer pour lui parler ?

Catherine lui fit un sourire et s'éloigna vers la salle de repos, décidée à se prendre un café. Sara inspira profondément. Elle marcha en direction du bureau de son amoureux. Elle ne savait pas encore comment, mais elle allait essayer. Au mieux, il devinerait tout, au pire, elle improviserait. Elle entra dans la pièce. Grissom releva la tête vers elle, se demandant si elle était encore en colère. Visiblement non, mais elle semblait soucieuse, comme si quelque chose la préoccupait. Logique, se dit-il. Qui ne serait pas préoccupé dans leur situation ?

Elle allait ouvrir la bouche pour parler, mais Brass entra au même moment. Elle referma la bouche, serrant les lèvres pour cacher une grimace de colère.

« Sara, vous voilà ! J'aimerais qu'on parle des dispositions à prendre pour assurer votre sécurité à tous les deux... »

« Bien sûr » s'empressa de dire la jeune femme.

Brass ferma la porte et revint vers le couple. Sara s'installa sur la chaise face aux deux hommes et Griss resta assis à moitié sur le coin de son bureau. Jim préféra rester debout aux côtés de ses deux amis.

« Donc, je récapitule. Gil a reçu des lettres de menace. Il n'en a pas parlé. Hier soir, votre voiture explose. »

« Y'a pas grand chose à ajouter » dit Sara.

Brass fronça les sourcils. « Aucun soupçon, personne qui vous semble suspect ? »

Sara haussa les épaules et Gil avoua qu'il n'avait pas de soupçons. « Dans ce cas » commença Brass, « Il vaut mieux faire surveiller votre maison. J'aimerais mieux que vous soyez toujours ensemble. Surtout, pas de terrains jusqu'à la fin de l'enquête. Si jamais vous avez besoin de quelque chose, un officier de police ira vous le chercher. » Il ajouta devant l'air offensé de Sara « C'est pour votre sécurité à tous les deux. »

Il leur souhaita bonne journée et partit. Grissom regarda Sara. Sara regarda Grissom. « On fait quoi en attendant ? » demanda la jeune femme.

Son ton n'était pas froid, mais il n'y avait pas dans sa voix l'habituel chaleur qu'il y avait quand elle s'adressait à Grissom. Elle n'était pas très fâchée, comme tout à l'heure, mais elle était encore irritée.

« Chérie, je... »

« Je sais Gil. Ça ne sert à rien de t'excuser, je sais tout ça déjà. Catherine a bien plaidé ta cause. »

Gil eut un sourire. Il ouvrit les bras et d'un geste de la main., fit signe à Sara de s'approcher. « Viens, mon cœur. »

Malgré le fait qu'elle voulait lui parler, malgré son tout petit, mais encore présent, fond de colère contre lui, elle se leva et se précipita dans ses bras, comme un suicidaire l'aurait fait au bord d'une falaise. Il l'entoura de ses bras, voulant lui donner l'impression qu'elle y était en sécurité. Il la pressa contre lui, espérant chasser la peur qu'elle pouvait ressentir par rapport à ce qui les attendait dehors.

Sara ressentait deux sentiments contradictoires. Elle voulait parler à Gil, lui expliquer ce qu'elle aurait du lui dire il y a des années de ça. En même temps, elle aurait aimé crier après Gil, lui dire qu'il n'était qu'un crétin de ne rien lui avoir dit à propos des lettres de menace. Cependant, sachant le secret qu'elle lui cachait, ç'aurait été un peu hypocrite, déjà qu'elle s'était déjà grandement fâché après lui.

Soudain, quelqu'un cogna à la porte et ouvrit. Les deux amoureux se séparèrent immédiatement, brisant le moment qu'ils partageaient. Nick entra. L'air frustré collé au visage, il se renfrogna davantage en voyant Griss et Sara.

« J'ai trouvé la constitution de la bombe. On a mélangé du chlore avec de l'eau. Il y avait une protection qui séparait l'eau et le chlore. Quand la minuterie est arrivée à zéro, la protection s'est cassée et l'eau est tombée dans le chlore. C'est ce qui a provoqué l'explosion. C'est une bombe artisanale des plus banales. »

Il se tourna pour gagner la sortie. Avant de passer la porte, il regarda par-dessus son épaule et dit :

« Notre enquête est mise en suspens jusqu'à temps qu'on retrouve votre persécuteur, j'imagine... »

Griss acquiesça. « Tu sais Gil, » commença Sara en s'éloignant légèrement de lui. « Je peux travailler dessus en attendant. Je n'irai pas sur le terrain et mes analyses passeront après celles de notre enquête, mais au moins elle avancera. »

« Et ça me permettra de faire quelque chose de mes dix doigts au lieu de m'inquiéter, » pensa-t-elle.

« Bien sûr ! » S'exclama Gil. « C'est une excellente idée ! »

Sara fit un sourire et sortit de la pièce, juste après Nick. Grissom resta dans le bureau, regardant sa jeune compagne s'éloigner.

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Sara soupira, frustrée de ne pas avoir pu parler à Gil. Si ça continuais ainsi, elle n'y arriverait jamais.

Elle alla s'installer dans la salle de repos où elle pourrait travailler tranquillement. Sara ouvrit le dossier devant elle, et après un instant, elle releva la tête, se sentant observer. Effectivement, Greg, dans la pièce de l'autre côté du corridor, l'observait. Les sourcils froncés, il affichait un air de pur contrariété. Sara baissa de nouveau la tête, peinée.

Elle relut les conclusions auxquelles Nick et elle étaient arrivées.

L'homme était mort d'une balle dans la tête, un 9 millimètres. Il travaillait dans la finance et malheureusement pour lui, il avait de nombreux ennemis. En effet, rare était ceux qu'il l'appréciait. Même sa femme le trompait avec son meilleur ami. Elle restait mariée à lui parce que les divorces coûtaient cher et qu'il lui apportait de l'argent.

Warrick entra dans la pièce et se prit un café. Il s'approcha lentement de Sara.

« Certains pensent qu'on ne doit pas t'adresser la parole pendant un moment, mais je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Je voulais te féliciter. J'espère que tu es heureuse avec Griss. »

Il vint s'asseoir aux côtés de Sara. L'odeur du café envahit les narines de Sara et la nausée monta. Elle se leva précipitamment et Warrick lui lança un regard interloqué. Elle s'approcha de l'évier et vomit. Le jeune homme s'avança et souleva sa chevelure.

« Ça va ? »

Ce n'était pas Warrick qui posait la question, mais quelqu'un derrière eux. Grissom venait d'entrer, accompagné de Catherine et Nick. Derrière eux, Greg approcha.

« Oui, oui... » murmura faiblement Sara.

Elle se sentait mieux, mais elle était encore verte. Elle avait vraiment l'air nauséeuse. Elle jeta un regard à Warrick. « Éloigne le café, je t'en supplie... »

Il s'éloigna légèrement. Griss s'approcha. Elle posa une main sur son ventre, essayant ainsi de calmer sa nausée.

« Tu sais Sara, si tu ne te sens vraiment pas bien, rentre à la maison. Avec tout ce qui se passe, il est normal que tu ne te sentes pas bien. Tu reviendras quand tu te sentiras mieux. »

« Et je ne travaillerai pas pendant les huit prochains mois ? » demanda Sara, d'un ton acide.

Griss ouvrit la bouche. Il ne s'attendait vraisemblablement pas à cette réponse. Il vit Sara se mordre la lèvre devant lui. Venait-elle réellement de dire qu'elle n'irait pas mieux avant huit mois ? Quelle maladie ou quel maux prenait huit mois à guérir ? À moins que ce ne soit pas réellement une maladie...

Et si c'était ça ? Et si c'était ce qu'il pensait ? Elle le serait depuis un mois ?

Sara inspira profondément et regarda l'expression faciale de ses amis. Grissom était en train de comprendre. Greg échangea un regard avec Nick. Tous les deux serraient les dents. Catherine lui fit un sourire. Warrick scrutait anxieusement les visages autour de lui.

« Je sais pas vous, mais moi, je crois que j'ai beaucoup de travail ! » s'exclama-t-il.

Sara apprécia son intervention discrète et efficace. En effet, Nick et Catherine, ainsi que lui-même retournèrent travailler. Greg alla chercher quelque chose dans le réfrigérateur. Il ne partit cependant pas.

« Est-ce que j'ai bien compris ? » s'enquit Grissom. « Tu.... Tu es ... »

Incapable de continuer, il pointa légèrement son ventre. Sara acquiesça. « Je sais que ce n'est pas vraiment le moment de l'annoncer. Surtout, je ne voulais pas te le dire ainsi... C'est sorti tout seul... »

« C'est pas grave... »

Il s'appuya sur le comptoir derrière lui et la regarda pendant un moment en silence. « Je... Je devrais peut-être rentrer... » fit Sara en brisant le silence.

« Tu as raison. Tu veux que je te raccompagne ? »

Plus loin, Greg se leva. « Je peux raccompagner Sara chez elle, Grissom. De toute façon, je suis ici depuis plus de quinze heures et je n'arrive plus à me concentrer. »

« Bonne idée » répondit Sara, avant que Griss put ouvrir la bouche.

Greg, content de pouvoir passer un moment seul avec Sara, se leva et sortit pour aller chercher sa veste et ses clés. Sara marcha en direction de la porte. Elle allait sortir, mais Grissom lui prit le bras et l'amena contre lui. Elle en profita pour enfouir son visage dans son cou.

« Fais attention à toi et ... à lui ma Chérie. »

Elle releva la tête vers lui en souriant. Gil s'empara de ses lèvres doucement. Ils échangèrent un baiser empli de tendresse. Puis, Greg arriva.

« Allez Sara, tu viens ou tu marches ! »

Les deux amoureux se séparèrent. Et Sara s'en alla avec Greg.


marguerite  (04.04.2009 à 23:26)

Sara contourna le véhicule de Greg et embarqua. Le jeune homme régla rapidement la radio sur une station de rock. Sara sourit en jetant un regard à son ami. Greg, ignorant presque la présence de Sara, ne parla pas tant qu'ils ne furent pas sortis du stationnement du labo.

« Alors c'est vrai ? » demanda-t-il en jetant un regard très indiscret vers le ventre de Sara.

« C'est vrai » affirma l'experte.

Greg ne put s'empêcher de faire non de la tête. Il se sentait... perdu. Sa Sara, sa meilleure amie, sa presque sœur n'était plus la même. D'abord, il regrettait toutes les fois où il s'était moqué de Griss devant elle. Avait-elle révélé à leur supérieur ce qu'ils disaient tous dans son dos ?

Et puis, c'est comme si elle avait perdu son innocence. Il avait l'impression que lui était encore un jeune adulte, mais elle, elle était rendue à fonder une famille. C'était... déroutant ! Il avait l'impression également qu'elle lui avait menti, en lui cachant probablement une des choses les plus importantes de sa vie. C'était un peu le sentiment qu'ils avaient tous eux, surtout Nick.

Nick traversait un moment difficile. Sa copine, Karel, venait de le laisser et il aurait aimé aller se confier à Sara. Mais voilà que sa voiture explose et on connaît tous la suite... Il se sentait trahi. Il avait toujours confié à Sara ce qui lui arrivait dans les moindres détails et il pensait qu'elle faisait de même. En vérité, il réalisait qu'il la connaissait à peine et pour un frère de cœur, c'était dur.

« Ça va Greg ? »

« Mouais » dit-il.

Sara fronça les sourcils quand elle vit le chemin qu'il avait emprunté.

« Tu aurais dû tourner à gauche, plutôt qu'à droite. » lui fit remarquer Sara

Greg, ne comprenant pas, lui jeta un regard de biais. « Et pourquoi ? »

« Tu te rallonges énormément » expliqua Sara. « Ma maison est à Summerlin. »

« C'est vrai » marmonna Greg, de mauvaise humeur. « Faut que j'aille te porter chez Grissom. T'aurais pu préciser. »

Sara, peinée de l'attitude de son ami, baissa légèrement la tête. Warrick lui parlait et lui avait fait part de ses vœux de bonheur. Greg lui parlait, mais il restait amer. Nick... Nick ne voulait pas lui parler.

« Tu vas ne pas me porter chez Grissom, mais chez moi. C'est une importante distinction, Greg. »

Ce dernier soupira de frustration et essaya de revenir sur le bon chemin dès qu'il le put. Sara sentait son mélange de colère et de tristesse, mais elle ne comprenait pas pourquoi il agissait ainsi. Quand la voiture de Greg s'arrêta, il attendit que Sara sorte en silence. Voyant qu'elle ne sortait pas, le jeune expert la regarda pour s'apercevoir qu'elle le regardait.

« Tu veux entrer ? » lui demanda-t-elle.

« Non. »

« D'accord » marmonna Sara en débarquant du véhicule.

Elle sortit ses clés et déverrouilla la porte. Elle entra dans la maison, posa sa veste et son sac, jetant ses clés sur la table basse dans l'entrée. Comme Sara n'avait toujours pas entendu la voiture de Greg repartir, elle alla à la fenêtre, pour se rendre compte qu'il n'était pas parti. Assis dans la voiture, il regardait la maison avec un air grave.

Soudain, Sara sentit que quelque chose était étrange. Elle se souvint que Brass avait parlé de faire surveiller la maison. Pourtant, il n'y avait personne, même pas de voiture de police. Sara tenta de se rassurer. Ils n'avaient simplement pas eu le temps d'arriver, voilà tout. Elle entra dans sa chambre, décidée à dormir un peu. Elle savait que Greg n'était toujours pas reparti.

Tout était silencieux et Greg était encore dans sa voiture. Soudain, un bruit déchira le silence qui régnait. Sara se releva légèrement dans son lit, pas certaine de ce qu'elle avait entendu. Puis, elle l'entendit une deuxième fois.

Une arme à feu.

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Grissom feuilletait ses papiers, quand on cogna à la porte de son bureau.

« Entrez ! » fit-il.

Judy, la secrétaire timide, approcha. « Vous avez du courrier, Monsieur Grissom. »

« Posez-le sur mon bureau Judy, je le regarderai tout à l'heure. » lui dit-il en relevant à peine la tête.

Elle fit ce qu'il lui demandait. Grissom continua à lire, regardant à peine ce qu'elle venait de mettre sur son bureau. Soudain, cependant, il fut pris d'un pressentiment. Et si la personne qui lui en voulait avait posté une nouvelle lettre ?

Il prit un gant et écarta les enveloppes avant de tomber sur celle qu'il redoutait. Le papier parcheminé bleu était le même. Toujours écrite à l'ordinateur. Grissom l'ouvrit délicatement et fit glisser lentement le contenu sur son bureau. Il pensait trouver une lettre, comme d'habitude. Il fut donc étonner de tomber sur une photographie et un cheveu.

Il enfila rapidement la paire de gants qui tenait dans sa main et saisit une enveloppe. À l'aide d'une pince, il fit glisser le cheveu dedans. Il referma l'enveloppe délicatement. Il prit ensuite la photo pour l'examiner.

Du côté de la photo, on voyait un jeune garçon d'environ dix ans. Il avait un visage fin, des magnifiques yeux bleus et des cheveux légèrement bouclés brun chocolat. Il observa un moment le garçon, puis tourna la photo et eut un choc en lisant l'inscription.

Thomas Sidle, 10 ans, 25 décembre 2007. avait été écrit d'une belle écriture soignée.

Puis, en dessous, en lettre plus carré, comme si la personne qui l'avait écrit était en colère :

Oublie-le !

Griss retourna la photo et regarda à nouveau le visage tendre de l'enfant. Il relut également l'inscription au dos de la photo.

Soudain, il fut pris d'un doute, un doute horrible et immense.

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Sara, incertaine, se leva du lit. Elle allait sortir de sa chambre, mais elle saisit son arme de service. Habituellement, elle l'aurait laissé au labo, mais dans la situation actuelle, elle avait trouvé plus sage de le garder avec elle. Elle avait vraiment eu raison.

Elle parcourut lentement le corridor, regardant dans les pièces, à gauche et à droite. Rien n'avait été bougé et tout semblait normal, mais Sara avait le pressentiment que quelque chose clochait. L'experte fit son entrée dans le salon. Rien. Elle alla dans la cuisine.

Au premier abord, tout semblait normal. Sara allait retourner se coucher, pensant que son imagination lui avait joué un tour sous l'effet du stress, quand elle entendit un craquement s'échapper de l'armoire sous le lavabo de la cuisine. Elle approcha lentement et tendit la main gauche pour ouvrir la porte, l'autre tenant toujours fermement l'arme. Il lui sembla également entendre une respiration saccadée.

Dès que la porte s'ouvrit, Sara fut repoussée et plaquée contre le mur. Elle tarda à comprendre ce qui se passait. Quelqu'un s'était caché dans une armoire de sa cuisine et la plaquait maintenant durement sur le mur. Elle donna alors un coup de pied, espérant frapper un coin sensible. L'agresseur, qui était un homme, recula aussitôt, touché. Il sortit d'une poche de son manteau une arme à feu. Sara n'attendit pas d'être trouée par une balle et leva son arme, bien décidé à défendre sa vie et celle de l'enfant qu'elle portait.

« Posez votre arme sur le sol ! » cria-t-elle à l'adresse de son agresseur.

Ne recevant pas de réponse, elle visa le cœur de l'inconnu. « Je compte jusqu'à dix. Posez votre arme sur le sol, sinon je vous troue le cœur comme une passoire et croyez-moi, je n'hésiterai pas! » ajouta-t-elle.

« 1... 2... 3... 4... 5... 6... »

À six, l'homme décida de tirer, mais Sara perçut son geste avant qu'il n'aie le temps de presser la détente. Elle baissa son arme, tirant dans la cuisse de l'homme. Elle ne voulait pas le tuer, seulement le mettre hors d'état de nuire. Il tomba à la renverse, poussant un grognement de douleur. Il releva lentement la tête vers elle. Il pointa son arme sur le cœur de la jeune femme. Cependant, sa main tremblait tellement qu'elle dévia un peu de sa trajectoire.

La balle la toucha et la force de l'impact la fit tomber à la renverse. Elle ne parvint même pas à crier. La douleur monta dans son épaule, atroce. Elle ne pouvait que mourir tellement elle avait mal. Les choses qui l'entouraient devinrent flous. Les sons qui lui parvenaient semblait de plus en plus lointain. Elle commençait à partir, tranquillement. Les  meubles qui l'entouraient devenaient flous, projetant des ombres mal définies. Puis, le noir, total, complet et la confusion....

Le vide... la fin... la mort...


marguerite  (04.04.2009 à 23:28)

Sara ne sentait plus vraiment ce qui l'entourait. Elle ne savait plus où elle était. Pendant un instant, la douleur fut telle qu'elle en oublia son nom, son état. Elle ne savait qu'une chose de source sûre.   

Elle avait mal, terriblement mal dans l'épaule.

Quand la douleur redoubla, elle en fut presque surprise. Comme si elle pouvait avoir encore plus mal... Elle souffrait tellement qu'elle aimait mieux mourir, maintenant là. Soudain, elle pensa au bébé qu'elle portait, à Gil, à Thomas et à tous les autres qu'elle côtoyait chaque jour. Même si le mal était foudroyant, elle devait rester en vie, restée consciente.

Sa main gauche se posa sur sa poitrine. Ses doigts entrèrent rapidement en contact avec une substance visqueuse, poisseuse. C'était du sang, son sang. Elle tenta de ne pas y penser, de ne pas sombrer. Oublier la douleur avait toujours été quelque chose qu'elle était en mesure de faire. Cependant, avant la douleur n'était pas physique, mais émotionnel ou psychologique. Elle ne pouvait s'empêcher de penser à Brass, qui avait failli laisser sa vie sur le terrain. Ils avaient pu retirer la balle sans qu'elle laisse de dommages. Allait-il en être de même pour elle ?

Elle avait mal.

Soudain, elle entendit un bruit lointain. Une porte qui s'ouvrait. Elle était peut-être sauvée ? À moins que ce ne soit quelqu'un qui venait l'achever...

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Gil sortit de son bureau, discrètement et alla voir directement Wendy. Cette dernière le salua, très concentrée sur ses échantillons.

« Wendy, j'ai une requête spéciale. » fit Grissom.

Wendy fronça les sourcils. Elle se demandait ce que pouvait lui demander son patron. Elle savait qu'il était avec Sara, elle savait que cette dernière était enceinte (Les nouvelles circulent vite au labo !) et elle savait qu'ils étaient menacés. Était-ce en lien avec l'enquête ?

« Je vous écoute. » dit-elle, pour lui montrer qu'il pouvait avoir confiance en elle.

« Je voudrais que vous compariez l'ADN d'un cheveu » expliqua-t-il en montrant l'enveloppe. « Et celui-ci ensemble. » ajouta-t-il en montrant un coton-tige.

Il s'était prélevé son ADN en secret. Il pensait que le cheveu appartenait peut-être à Thomas Sidle. Et il pensait que cet enfant était peut-être son fils. 

« Est-ce que je fais une recherche dans la base de données pour les identifier ensuite ? » demanda l'analyste ADN.

« Non, comparez-les et donnez-moi les résultats en main propre. » Il allait sortir. « C'est prioritaire. »

Il ressortit de la pièce et se dirigea vers la salle de repos. Le service allait bientôt commencer et Sara était toujours à la maison. Elle ne l'avait appelé, ce qui le surprenait un peu.

Dans la salle de repos, il trouva Warrick et Nick, occupés à manger et Catherine, qui prenait une pause. Elle avait consulté sans relâche les dossiers sur lesquels travaillaient Grissom et Sara pour tenter de découvrir qui pouvait leur en vouloir. Et concernant Grissom, il y en avait beaucoup...

Il travaillait depuis si longtemps qu'il avait été sur des centaines d'enquêtes. Dès qu'il posait en prison, il y avait au moins cinq prisonniers qui le reconnaissaient, parce que Grissom les avait coincés. Donc forcément, la rouquine avait commencé par les dossiers le concernant. Même si elle avait sa petite idée sur l'identité de l'agresseur.

Catherine n'avait pas oublié ce que Sara lui avait révélé. Elle ignorait si Griss le savait et c'était seulement pour cette raison qu'elle ne parlait pas de son hypothèse.

Brass entra dans la pièce, la mine basse. Il avisa d'un regard les personnes présentes dans la salle. Comment allait-il annoncer ça à son ami ? Il se tourna tout de suite vers lui. Vite ce serait sans doute mieux. Quoique... Il ne souhaitait pas voir son visage se décomposer, la peur et la tristesse sur son visage. Pourtant, il devait le dire.

Catherine, qui était étendue sur le sofa, se releva aussitôt en voyant l'air de Brass. Elle sentit qu'il n'était pas porteur de bonnes nouvelles. Warrick et Nick arrêtèrent de manger, sentant qu'il s'était passé quelque chose de grave. Grissom remarqua le malaise qui s'installait en dernier. Il tourna la tête vers Brass et remarqua que celui-ci le regardait fixement.

« Que se passe-t-il, Jim ? » s'enquit-il, soudainement inquiet.

« Tu devrais t'asseoir Gil. » conseilla le policier.

Le visage de Grissom afficha un air encore plus inquiet, mais il ne s'assit pas.

« Dis-moi ce qui se passe Jim. »

Il y eut un silence pendant lequel tous attendirent la réponse de Jim.

« C'est Sara, c'est ça ? » demanda Gil, pris d'un mauvais, très mauvais pressentiment.

Il vit à peine son ami acquiescer. « Dis-moi... » murmura faiblement Gil.

Maintenant que Grissom savait qu'il était arrivé quelque chose de grave à sa Sara, il était plus facile à Jim de continuer.

« Quelqu'un est entré dans la maison, Sara lui a tiré une balle dans la jambe. Mais...à la dernière seconde, il lui a envoyé une balle dans l'épaule... »

Jim aurait voulu ne jamais voir le visage de Griss à ce moment-là. Il se laissa tomber sur une chaise. La bouche entrouverte, ses yeux fixant le sol. Tous virent le léger tremblement de sa lèvre, puis la larme solitaire qui coula sur sa joue.

« Avant d'entrer, il a tiré sur Greg qui était toujours dans sa voiture. Il a une balle dans la cuisse. Apparemment, le tireur ne voulait pas le tuer. Toujours est-il qu'une des voisines a vu ce qui s'est passé en dehors de la maison. Quand elle a entendu d'autres coups de feu venant de l'intérieur de la maison, elle a appelé la police. Elle est entrée et elle a vu Sara sur le sol. Elle était toujours consciente et elle est restée avec elle jusqu'à que l'ambulance parte. » Ajouta Brass.

Jim s'approcha de son ami.. « Elle est toujours vivante. Elle va s'en sortir, c'est une battante et tu le sais. »

Néanmoins, Griss fixait le sol, meurtri. Il aurait du la raccompagner et être blessé à sa place. C'était son devoir. Il aurait du insister là-dessus. À la place, il l'avait laissé partir avec Greg, décontenancé de la manière dont elle lui avait appris sa grossesse. Il inspira profondément, puis expira, tentant de garder son calme.

Durant quelques minutes, il y eut un silence dans la pièce. On aurait pu entendre une mouche voler. Tous attendaient de voir la réaction de Grissom. Ils étaient tous attristés, mais ils comprenaient que Grissom le soit encore plus. Habituellement, il ne montrait jamais ses émotions, mais là, une larme avait réussi à percer la barrière qu'il s'imposait normalement.

Soudain, quelqu'un entra dans la pièce, s'exclamant avec entrain : « J'ai vos résultats ! »

Tout le monde se tourna vers elle, surpris. Grissom se leva, tendit la main, cueillant les feuilles de résultats. Il prit à peine une minute pour en prendre connaissance. Les feuilles tombèrent sur le sol et le superviseur de l'équipe de nuit sortit de la pièce sans un mot. La conclusion sur les feuilles étaient claires.

 Les deux ADN avaient sept allèles en communs.

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Grissom fonça droit à l'hôpital, sans réfléchir. Sara était blessée et Thomas, qui portait le nom de famille de Sara, était son fils. Il ne lui en fallait pas plus pour tirer les bonnes conclusions.

Sa voiture s'arrêta brusquement dans le stationnement de l'hôpital. Sa manœuvre représentait bien son état d'âme. Il débarqua sans attendre du véhicule et entra dans le grand bâtiment. Il n'avait pas fait trois pas vers l'accueil qu'il entendit une exclamation dans son dos. Il se tourna et vit Oliver Parson, un ancien ami de l'université.

« Salut Oliver, je ne savais pas que tu travaillais ici. » L'homme s'approcha lentement. C'était un homme qui avait une grande carrure. Grissom l'avait toujours mieux imaginé en joueur de football qu'en médecin.

« Salut Gil. Qu'est-ce qui t'amène ? » demanda le docteur.

« Eh... Ma compagne (nda nul comme terme, je sais...) est aux soins intensifs. Elle a reçu une balle dans l'épaule. Je viens pour la voir. » expliqua Gil.

Oliver fronça les sourcils et ouvrit légèrement le dossier qu'il tenait dans sa main. « Sara Sidle ? » Il vit le hochement de tête de Grissom et il poursuivit. « Je suis son médecin traitant. Ses constantes sont normales. Elle devrait s'en sortir. Ce qu'il faut savoir, c'est si on retire la balle ou non. Elle n'a pas fait de dommages importants. Elle pourrait vivre avec sans que ça ne l'a dérange. Mais il y a des risques qu'elle migre un peu plus vers le cœur et c'est la mort assurée dans ce cas-là. »

Grissom sentit son cœur se serrer. « Est-il mieux de la retirer ou de la laisser ? » s'enquit Grissom.

« Difficile à dire. Il arrive souvent qu'elle bouge, mais il est également possible que non. Je dirais 50-50. Selon moi, il est mieux de la retirer. Il y a rarement des complications dans ces cas-là, mais c'est toujours possibles. »

« D'accord... J'aimerais mieux la faire retirer. Je crois que c'est ce que Sara voudrait aussi. » Il ajouta après une légère hésitation : « Et le bébé ? »

« Étonnamment » commença le docteur en regardant Gil dans les yeux, « Ils n'ont pas été touché. Ils se portent très bien et pour eux aussi, tout est normal. »

« Eux ? » répéta Grissom, pensant que Oliver faisait un erreur.

« En effet, ta compagne est enceinte de jumeaux. »

Oliver vit la surprise sur les traits de son ami. Après un léger silence, il demanda :  « On opère ? »

« Vas-y. »

« Ne t'inquiète pas, ça n'affectera pas les bébés. »

Il quitta Gil pour aller rejoindre son équipe médical. Ce dernier monta à la chambre de sa bien-aimée. Il la regarda pendant un instant au travers de la vitre de la porte. Elle dormait. Si paisiblement qu'on avait peine à croire qu'elle avait failli mourir.

Le cœur de Gil se serra. Des jumeaux ? Peut importe, il allait être là pour Sara.


marguerite  (04.04.2009 à 23:31)

Catherine arrêta la voiture dans la rue, le plus près possible de la maison de Griss. Elle débarqua lentement de son véhicule, pendant que Nick et Warrick faisaient de même. Depuis que Brass était venu leur parler et que Grissom était parti, ils avaient été plongés dans un grand mutisme. Rien n'avait été dit, car il n'y avait rien à dire. Maintenant, c'était à eux d'enquêter, de trouver des preuves, de résoudre...

« Nick, interroge les voisins. » dit-elle au jeune homme en pointant vaguement les maisons aux alentours. Nick acquiesça et s'éloigna.

« Warrick, je veux que tu fasses des prélèvements. » Il s'empressa d'acquiescer. Elle ajouta. « Moi, je m'occupe des photographies. »

Les deux experts s'approchèrent de la maison. Catherine était légèrement mal à l'aise. Elle était venue souvent chez Grissom et elle connaissait la maison. Néanmoins, elle entrait dans l'intimité de Grissom et Sara et ce détail la gênait. Elle avertit Warrick de ne pas fouiller là où ce n'était pas nécessaire. Ils étaient dans la maison de Griss et pas de n'importe qui. Warrick lui montra qu'il avait compris.

Catherine poussa la porte d'entrée. Elle traversa l'entrée et se rendit à la salle à manger. De là, elle se rendit à la cuisine. La rouquine vit deux marres de sang, une à ces pieds, près du réfrigérateur et l'autre proche de l'évier de cuisine. Warrick la suivait de près et commença à faire les prélèvements de sang. Catherine prit différents clichés de la scène avant de parcourir le reste de la maison. Elle jeta un regard à la chambre à coucher, mais ne pénétra pas. Elle nota cependant que le lit était défait. Elle continua en regardant les photographies affichées un peu partout dans la maison. Il y avait beaucoup d'insectes encadrés. Catherine vit même Peggy sur une étagère du salon. Elle soupira fortement en effleurant du doigt les cadres posés sur les murs. Il était vrai qu'elle ne voyait plus Grissom aussi souvent qu'avant, mais jamais elle n'aurait cru qu'il avait une femme dans sa vie. Décidément, elle ne le connaissait pas très bien.

« Vous le voyez souvent ? » demanda Warrick à Catherine, la tirant ainsi de ses réflexions.

Elle n'avait pas remarqué qu'il la suivait et sursauta même quand il s'adressa à elle.

« Pardon ? » s'enquit-elle, ayant mal compris ce qu'il avait dit.

« Vous êtes proche de Grissom. Vous le voyez souvent ? » répéta-t-il.

Catherine fit de la tête en même temps qu'elle le prononça. « Il y a deux ans, oui. Mais depuis un moment, je le vois de moins en moins. » expliqua l'experte.

Warrick eut un sourire narquois. « On se demande pourquoi ! » s'exclama le jeune homme.

De l'autre côté de la rue, Nick interrogeait patiemment les voisins. Il avait commencé par celle qui avait appelé la police.

« Bonjour Madame Jenson. Je suis Nick Stokes de la police scientifique. J'aimerais vous poser quelques questions. »

« Bien sûr » s'empressa d'accepter la vieille dame.

« Que faisiez-vous quand vous avez entendu les coups de feu ? » demanda Nick.

« Je lisais. J'étais assise dans le fauteuil à côté de la fenêtre. Elle fait face à la maison de Monsieur Grissom. J'ai entendu deux coups de feu. J'ai relevé la tête et j'ai vu un homme entrer dans la maison de Monsieur Grissom. J'étais trop stupéfaite pour faire quoi que ce soit. Puis, j'ai entendu deux autres coups de feu. J'ai alors appelée la police. Je suis entrée dans la maison pour aller voir ce qui se passait...

Il y eut un instant de silence pendant lequel la vieille se frotta les mains, pensive. Son regard, qui s'était égaré sur les fleurs qui ornaient le devant de sa demeure, revint sur le jeune expert devant elle. Elle ouvrit la bouche.

« Est-ce que la femme de Monsieur Grissom va bien ? Où est leur chien ? Connaissez-vous Monsieur Grissom ? Savez-vous à quel hôpital est sa femme ? D'après vous, seraient-ils contents si je leur préparais des tartes ? »

Nick la stoppa de sa main. « Premièrement, j'espère que sa femme va bien. Elle est à Desert Palm. Je connais très bien Grissom, c'est mon patron depuis plusieurs années. Ensuite, j'ignorais qu'ils avaient un chien. Et je n'ai aucune idée pour les tartes... »

Il baissa la tête vers son kit de prélèvements. « J'aurais besoin de prendre vos empreintes. » Il ajouta devant son air méfiant : « C'est pour les besoins de l'enquête, Madame Jenson. »

Malheureusement, la vieille femme ne semblait pas convaincue. Elle fronça les sourcils et jaugea d'un regard Nick, qui essayait de garder sa civilité et sa politesse. Il insista. « Monsieur Grissom vous dirait de me laisser vos empreintes. »

Bon gré mal gré, la vieille dame laissa ses empreintes au jeune homme devant elle.

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Grissom plongea la tête entre ses mains. Sara était toujours en salle d'opération et pour l'instant, il était sans nouvelle. Il ne pouvait s'empêcher de revoir le visage de Thomas. Sa photo, son nom, son ADN...

Il avait sept allèles en commun avec le cheveu dans l'enveloppe. Rien ne lui disait que le cheveu appartenait à Thomas. Ce pouvait être un cheveu de son frère. Ça expliquerait les sept allèles en commun. Cependant, cela n'aurait aucun sens avec cette photographie. Non, le plus logique était que le cheveu appartienne à Thomas Sidle. Et si Thomas avait sept allèles avec lui...

« Arrête de penser à ça Gil ! »

C'était la centième fois qu'il se disait cela, mais évidemment, ça ne quittait pas ses pensées. Soudain, Oliver Parson arriva dans le couloir et s'approcha lentement de Grissom.

« Gil ? J'ai des nouvelles de ton employé, Gregory Sanders. »

Grissom releva la tête, inquiet. « Comment va-t-il ? »

Le spécialiste s'assit aux côtés du scientifique et prit un temps de réflexion, choisissant ses mots. « Il s'est réveillé depuis le temps qu'il est arrivé aux urgences. La balle est entrée dans sa cuisse, mais elle n'est pas ressortie. Elle a sectionné plusieurs muscles importants. Il ne pourra pas utilisé sa jambe pendant un bon moment et il doit se reposer. Quand les muscles auront commencé à se ressouder, il pourra faire de la physiothérapie et retourner au travail. En attendant, il ne peut pas marcher. À l'âge qu'il a, il est très capable de se remettre de ça. Nous devrons éventuellement l'opérer pour insérer une tige de métal, mais il n'aura aucune séquelle permanente. Il a été vraiment chanceux. »

Oliver se tourna sur sa chaise. Il ne voulait pas dire à Gil ce qu'il avait à dire au sujet de Sara. Il avait senti qu'elle représentait beaucoup pour lui. Il se doutait que ce qu'il avait à dire le détruirait.

« Et Sara ? » demanda Grissom, posant LA question que redoutait Parson.

Mal à l'aise, le médecin se trémoussa sur sa chaise. Ce signe évident de stress fit monter l'inquiétude de Grissom. Et avec raison.

« C'est une toute autre histoire... On a retiré la balle sans problème. Mais à la fin de l'opération, elle a fait un accident cardio-vasculaire. On a pu la rattraper à temps. Ça n'a pas affecté les bébés. Seulement, elle est plongée dans le coma. »

La bouche de Griss s'ouvrit légèrement, sous le choc. Il inspira profondément, pour tenter de garder son calme. Malheureusement, ça ne servait à rien. Extérieurement, il semblait calme et maîtrisé, mais à l'intérieur de lui, Gil sentait une tempête se déchaîner. Sa Sara était dans le coma.

Le cœur lourd, il demanda d'une voix râpeuse s'il pouvait la voir. Le médecin acquiesça à la demande et le guida. Grissom s'arrêta sur le seuil de la porte, troublé. Il jeta un regard à la silhouette qu'il devinait sous le drap et déglutit. Il prit quelques instants à observer la jeune femme, en silence. Soudain, il sentit une main se poser sur son épaule. Griss se retourna et fut surpris de voir Cath, Warrick et Nick.

Ils avaient tous travaillé sans relâche. Les trois experts étaient épuisés et méritaient sans aucun doute un peu de repos, mais ils avaient préférés passer à l'hôpital, chercher des nouvelles de leur deux amis blessés. En arrivant, ils avaient été accueillis par Oliver Parson, quelques minutes plus tôt. Le docteur les avait informé des dernières nouvelles, bonne dans un cas, mauvaise dans l'autre. Catherine avait alors vu Grissom appuyé sur le cadrage de la porte de la chambre de Sara et elle s'était approchée en silence.

Elle réussit à le faire approcher des autres, toujours dans un grand mutisme.

« Ça va Gil ? » demanda-t-elle, voulant être compatissante.

L'interpellé eut un rire ironique avant de répondre sur un ton particulièrement sarcastique. « Ma vie et celle de Sara sont menacées. Sara est dans le coma et en plus, elle porte nos deux enfants. Quelqu'un m'en veut. Je ne sais ni qui ni pourquoi. Cette personne a sans doute envoyée quelqu'un pour tuer Sara et de cette façon, il a blessé Greg sérieusement. Également, j'ai reçu une lettre de je ne sais qui avec une photographie et un cheveu venant de je ne sais où. J'ai fait analysé le cheveu avec ma salive et j'apprends de cette façon que j'ai sans doute déjà un garçon avec Sara. Mais évidemment, tout va bien, super bien. Ma vie est vraiment, parfaitement merveilleuse ces jours-ci ! »

Quand il se tut, Warrick et Nick échangèrent un regard. Jamais ils n'avaient Grissom se fâcher. Et cela, même avant qu'il soit leur patron, quand il n'était qu'un simple collègue. Catherine, quant à elle, fut quelque peu surprise par la réponse de son ami. Elle comprenait qu'il était chamboulé et elle savait que c'était dur pour lui. Soudain, le sens de ses paroles lui sembla plus clair et elle s'exclama avec une certaine surprise :

« Thomas ? Tu connais Thomas ? »

Le visage de Gil perdit sa couleur rouge et son air frustré pour former un simple froncement de sourcils.

« Comment ... ? » commença-t-il, trop choqué pour continuer.

« Ho.. Laisse tomber ! » lui répliqua Catherine, ne voulant pas s'embarquer dans cette discussion avec Grissom. C'était à Sara de lui parler.

Or, Sara était dans le coma pour une durée indéterminée. Si elle devait choisir entre arrêter un détraqué qui pouvait être dangereux et une parole qu'elle ne devrait pas trahir, elle déciderait sans hésiter d'arrêter un détraqué qui menaçait la vie de Grissom. Elle allait lui parler... si Sara était encore dans le coma et qu'il se passait quelque chose de grave. Mais vraiment, elle n'était pas la bonne personne pour parler de ça à Griss. En plus, elle ignorait totalement à qui Sara avait confié Thomas.

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Plus loin, dans une autre pièce, on opérait un homme. Quand on y pensait, ce détail n'avait rien de surprenant. Cependant, cet homme était le même que celui qui avait blessé Greg et Sara. Et cet homme avait des informations importantes sur l'investigateur de toute cette histoire. Lui aussi aurait besoin de protection, car l'investigateur en question n'avait pas envie que son tireur soit arrêté par les policiers. Pire, qu'il parle pour avoir une réduction de peine.

« Il n'aura jamais l'occasion de parler », se jura l'homme. Il passa tranquillement devant Grissom, le regardant de ses yeux porcins. Il vit immédiatement la douleur ravagé son visage. Il jeta un œil sur l'entourage de l'expert.

« Que des supposés scientifiques braillards ! » murmura-t-il rageusement en continuant son chemin.

Il se rendit à la salle d'opération, où il enfila des gants stériles. Il se prépara à aller opérer l'homme. C'était simple, retirer une balle de sa cuisse.

 « Il est également facile de commettre des erreurs... » se dit-il en entrant dans le bloc opératoire.


marguerite  (04.04.2009 à 23:34)

Sa main se posa lentement sur sa joue, avec énormément de tendresse. Grissom sentait que la craie et le plâtre n'avait été qu'un prétexte pour lui caresser la joue. Bien sûr, il s'abstint de tout commentaire et ne mentionna pas le trouble qu'il ressentait de savoir Sara si près et de la voir poser doucement sa main sur sa joue. Subtilement, il ferma les yeux ne souhaitant pas être dérangé. Finalement, la jeune femme enleva sa main, mais Grissom n'oublia pas le contact qu'il venait de partager.

Il ne l'oublierait d'ailleurs jamais.

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Assis à côté du lit, Grissom contemplait avec inquiétude le visage pourtant paisible de sa bien-aimée. Il se rappelait les bons moments passés ensemble, même si cela lui faisait mal. Il avait peur, tellement peur. Et si elle ne réveillait jamais ? Elle ne pouvait l'abandonner, elle n'avait pas le droit de le faire ! 

Au souvenir de cette soirée où elle lui avait caressée la joue, la main de Gil se posa immédiatement au même endroit où la jeune femme l'avait caressée. Il ferma encore une fois les yeux, souhaitant imprimer dans sa mémoire le doux contact de sa peau, au cas il n'y aurait pas d'autres fois. Désormais, il s'en voulait de ne pas avoir réagi avant, de ne pas avoir agi avant. Peut-être que tout serait différent ?

Si seulement il pouvait plus clair dans cette histoire... Si seulement il savait qui était ce Thomas... Si seulement...

Gil prit lentement la main de Sara, avec énormément de tendresse. Il ne la serra pas, il voulait simplement qu'elle sente qu'il était là, à ses côtés. Puis, il eut une idée. Le coma était quelque chose de particulier. Les personnes qui en revenaient juraient parfois avoir entendu des gens s'adresser à eux pendant qu'ils étaient inconscients. Et si... Et s'il parlait à Sara, peut-être qu'elle se réveillerait ? Grissom n'avait pas grand chose à perdre...

Il prit donc la parole.

« Sara... J'ignore si tu m'entends... Certaines personnes disent que les gens dans le coma nous entendent et moi... je l'ignore, mais je vais quand même tenter de te parler. »

Il prit une grande inspiration avant de se lancer. 

«Je me souviens encore du jour où on s'est rencontré. Je crois que c'est un jour que je me souviendrai toujours. Ce matin-là, je me suis levé sans penser à rien. Je me suis préparé comme toujours, mais malgré tout, je n'aurais jamais pu être prêt pour ce qui m'est arrivé ce jour-là. je suis entré dans l'amphithéâtre. Et la salle, tranquillement, s'est remplie. Il y avait toutes sortes de gens dans la pièce. Habituellement, je n'attachais aucune importance à ceux qui assistaient à mes cours. Mais ce jour-là, pour une raison que j'ignore encore aujourd'hui, j'ai observé les gens qui assisteraient à mon exposé avant de commencer. Du moins, mon regard a parcouru les premières rangées, mais il s'est rapidement arrêté. Tu sais, tous les élèves avaient la tête baissée vers leur papier, pressés. Mais pas tous. Non. Il y en avait une qui était prête. Son cahier de note était posée devant elle et elle avait déjà le stylo dans sa main, prête à noter tout ce que je dirais de pertinent. Mon regard s'est arrêté sur cette personne. Et là, cette personne m'a regardé. Et, dans ces yeux, j'ai décelé une lueur de surprise. Elle ne s'attendait sans doute pas que je la regarde. Mais crois-moi ou non, mais mon regard n'a pas quitté cette personne tout le long de la conférence. Je parlais pour elle et non pour les autres. Et elle m'a posé des questions pertinentes, comme j'en avais rarement. J'étais fasciné par cette personne... Évidemment, je crois que tu as deviné qu'il s'agissait de toi. J'espère que tu sais que dès le premier regard tu m'as captivé... »

Une larme tomba sur le drap tiré autour de la silhouette endormie de la jeune femme.

« Quand tu es venu me rejoindre après la conférence, mon cœur a manqué un battement. J'ai compris à cet instant que ma vie venait de changer et que je ne pouvais rien y faire. Étrangement, je me suis laissé faire, car j'aimais ta vigueur, ton sourire, ta joie de vivre, tes yeux... Surtout tes yeux qui pétillaient. Après ce café, on s'est serré la main et je t'ai laissé partir même si mon cœur me dictait de te rattraper et de t'embrasser passionnément... Évidemment, je ne l'ai pas fait et je suis rentré dans ma chambre d'hôtel. Je n'ai pas pris la peine de me déshabiller; je suis simplement laissé tomber dans mon lit et j'ai fermé les yeux. Je ne saurais dire combien de temps je suis resté dans cette position, mais je t'imaginais devant moi, souriante. En réalité, j'ai fini par m'endormir et je me suis réveillé quelques heures plus tard, avec une seule envie : savoir si tu allais te présenter au cours du lendemain. Bien évidemment, tu fus au rendez-vous le lendemain, ainsi que le surlendemain. Et à chaque jour jusqu'à la fin du mois... »

Une deuxième larme alla rejoindre la première sur le drap.

« On a souvent mangé, bu et énormément discuter, sans que rien ne se passe. Pourtant, j'aurais aimé. Mais je ne pouvais pas, bien évidemment, parce que j'étais plus vieux et ce détail me faisait souffrir. J'avais l'impression que jamais je ne pourrais te rendre heureuse. Alors j'ai tout repris et je suis rentré à Vegas. On a parlé au téléphone et écrit des mails, mais ce n'était plus comme avant. Je sentais que j'avais perdu ma première chance de t'avoir. Ensuite, j'ai eu une enquête à faire à Frisco et on s'est revu. Tous mes sentiments que j'avais commencé à croire disparu ont refait surface avec la violence d'un raz-de-marée. Une fois l'enquête finie, je n'ai pas pu résister et je t'ai embrassé sans réfléchir. Tu avais peut-être l'impression que j'avais bu beaucoup, mais je tiens bien l'alcool. Je n'étais pas saoul, loin de là. Toi, par contre, tu n'avais plus toute ta tête... J'ai honte de ce que j'ai fait ce soir-là. Je t'ai fait l'amour alors que tu ne pouvais pas te défendre, ni repousser mes avances. À mon réveil, j'ai réalisé que je n'avais pas voulu que notre première fois soit ainsi. Pas que ça n'avait pas bien été, au contraire. Ça avait été merveilleux, mais j'aurais préféré que ça se passe autrement et pas parce que tu avais un peu trop bu... J'avais tellement honte que je suis parti. Dans l'avion qui me ramenait à Vegas, j'ai compris que je venais de perdre ma deuxième chance... »

Une troisième larme roula le long de la joue à Gil.

« À Vegas, je n'étais qu'une épave. Je m'en voulais et comme je n'avais aucune nouvelle de toi, j'avais encore plus l'impression d'avoir une erreur. Quand Holly Gribbs est morte, je ne savais pas quoi faire... et j'ai pensé à toi. La première chose que j'ai fait a été de t'appeler. Tu es venue, tu as répondu à mon appelé. J'ai compris que tu n'avais pas tirée une croix sur moi et qu'il y avait encore de l'espoir pour moi, pour nous. Tu n'imagines pas le soulagement que j'ai ressenti. Je ne t'ai pas fait venir vers moi pour t'offrir un travail. Je te voulais près de moi, pour moi. C'est égoïste, je sais. J'ai voulu te conquérir, mais j'ai préféré te laisser le temps de te faire des amis, de parler à d'autres gens et je suis resté en retrait. Mais à chaque seconde, je t'observais. J'étais immensément jaloux de chaque homme qui t'approchait. J'aurais voulu être à leur place. Quand tu as annoncé que tu restais ici, près de moi, j'ai été si heureux... Mais là, j'ai réalisé que je devenais officiellement ton supérieur. Une relation entre nous était impossible. »

La quatrième larme ne vint. Les yeux de Grissom était devenu sec et l'évocation de ses dures années avant leur relation l'avait rendu plus nostalgique que triste.

« Quand tu as voulu partir chez les fédéraux, j'ai paniqué. Heureusement, Catherine était là pour m'aider. Finalement tu es restée. À ce moment-là, j'ai senti que si je ne faisais rien, tu partirais ou irais vers un autre. Et les choses ont dégénérées. J'ai commencé à devenir sourd et je me suis persuadé que te laisser partir vers un autre homme en santé, plus jeune et certainement plus attirant était le mieux pour toi. Ce que j'ignorais à ce moment était que tu me voulais moi. Je ne comprenais pas ça. J'étais bien plus vieux que toi et mon rythme de vie n'étais pas celui qu'une femme de ton âge aurait aimé. Je ne comprenais pas pourquoi c'était moi que tu désirais. Je voyais tous ces gars te tourner autour et ils me semblaient mille fois mieux que moi... Comme j'ai pu être idiot ! Je me suis fait opéré et j'ai su que tu sortais avec ce type, Hank. J'ai également appris   qu'il t'avait trompé et je ne pouvais m'empêcher de me dire que jamais je ne t'aurais fait souffrir autant. Mais je suis vite senti ingrat. Je ne te tromperais jamais, sans doute parce que je ne sortirais jamais avec toi. Et en plus, je savais bien que chaque jour, je te faisais souffrir un peu plus, alors... Et puis, il y a eu cette histoire avec cette femme, cette pauvre femme, tuée par un collègue de travail. Elle te ressemblait tant. Au début, j'ai vraiment cru qu'il s'agissait de toi, bien que je sache pertinemment que tu m'attendais dehors avec les autres. À partir de ce moment, j'ai commencé à prendre du recul. »

Il lâcha pendant un instant la main de Sara et il se frotta le visage. Il était épuisé, mais il allait rester auprès de Sara jusqu'à ce qu'elle réveille, même si ça prenait des semaines. Il reprit ensuite la main de Sara dans la sienne.

« Quand tu as été averti pour avoir conduit avec des facultés affaiblies par la boisson, j'ai compris que c'était ma faute. Entièrement ma faute. J'ai recommencé à m'approcher de toi, t'aidant à te guérir de ta dépendance envers l'alcool. Je suis devenu un ami, quelqu'un en qui tu pouvais avoir confiance. Je sentais que ce serait une des dernières chances que j'aurais et j'ai décidé de la saisir, coûte que coûte. J'aurais aimé qu'il y est plus entre nous, mais je ne me sentais pas prêt pour ça. Au moins, j'étais près de toi et tous les deux, même si nous n'en avions pas discuté, savions qu'un jour, très proche, nous serions bien plus que de simples amis. Après qu'on est retrouvé Nick, j'ai compris que la vie était trop courte. Cette nuit-là, j'ai refermé la porte de l'ambulance sur lui et j'ai senti que j'étais près. Je t'ai raccompagné chez toi et je suis resté. On a pas fait l'amour. Je me suis simplement installé à tes côtés et je t'ai donné le réconfort dont tu avais besoin. Car Nick était un proche ami et tu avais vécu beaucoup d'émotions ce soir-là... »

Il regarda Sara avec adoration pendant un instant. Puis, il poursuivit :

« Le lendemain, je t'ai embrassé et il s'est passé à peu près la même chose que la première fois où j'avais fait ça. Excepté que cette fois-là, tu n'avais pas bu... Encore une fois, ce fut mémorable. Par la suite, je me souviens t'avoir dit : Je serai désormais là pour toi... Et je crois que j'ai bien rempli ma promesse pendant un certain temps. Mais il y a environ un mois, j'ai reçu une lettre par la poste. Une lettre de menace. Au début, je croyais que c'était une erreur ou une plaisanterie. Quand j'en ai reçu d'autres, j'ai senti que ce n'étais pas rien de cela. Je n'ai rien dit, parce que je ne voulais pas t'inquiéter, mais également parce que je ne voulais pas voir notre petit bonheur, construit à deux, éclater. Et quand la voiture a explosé... J'ai compris que la bulle venait d'éclater. »

Finalement, le torrent de larmes qu'il retenait depuis longtemps passa la frontière de ses yeux. Tout y passa ; peine, douleur, tristesse, peur. Tout.

« Je suis si désolé, Sara. Je ne te demande qu'une chose. Reviens. J'ai une lettre en ma possession, avec une photographie de Thomas Sidle. Il y avait également un cheveu dans l'enveloppe et je l'ai comparé avec un des miens. Je me doute que nous avons déjà un enfant. Et même si je ne comprends pas ce qui s'est passé, je suis prêt à l'accepter dans notre vie. Je veux juste que tu me reviennes... Je t'en supplie, Sara... Reviens. Réveilles-toi... »

Le drap était mouillé des larmes de Grissom. Il resta un moment en silence, écoutant les moindres bruits des machines entourant la jeune femme.

« Reviens près de moi... Je ne peux pas vivre sans toi... Ta présence m'est indispensable. En plus... Tu ne peux pas m'abandonner.... » Il inspira profondément pour se donner la force de continuer.  « En plus... Tu portes nos enfants, nos jumeaux... » Les larmes coulèrent de plus belle.

« J'ai besoin de toi... Reviens-moi... Reviens... parce que je ... Parce que je t'aime... »


marguerite  (04.04.2009 à 23:36)

Boum.

C'était ce qui qualifiait le mieux ce qu'il ressentait depuis quelques jours. C'était comme si tout avait explosé, autant dans son cœur que dans sa tête. Jamais il n'avait été préparé à vivre cet épreuve, qui semblait l'amener au-delà de ses limites. Chacune de ses pensées étaient occupées soit par Sara, Thomas ou encore, ce qu'il adviendrait s'il perdait l'amour de sa vie.

Gil passa un nouvel fois sa main sur son visage, souhaitant effacé les vestiges de sa peine, ou plutôt, les ravages qu'elle avait causé sur son visage. Il inspira profondément, reprenant encore une fois la main de Sara. Il voulait que Sara se réveille. Tout simplement.

Il aurait été prêt à vendre son âme au diable, simplement pour pouvoir revoir le sourire de Sara, l'embrasser, la serrer dans ses bras. Ou même juste pour savoir qu'elle était en vie et que leurs enfants étaient en pleine forme.

Même à mourir.

Bref, Grissom était prêt à tout pour la jeune femme couchée dans le lit devant lui. De toute sa vie, jamais il n'avait ressenti autant de sentiments pour une seule et même personne. En vérité, il n'avait jamais ressenti autant de choses depuis qu'il était avec Sara. Et il était évident que si elle ne survivait pas à son coma, lui aussi aurait de la difficulté à survivre.

Il appuya sa tête sur le matelas, même si la position était particulièrement inconfortable. Il ferma aussi les yeux, comme s'il pourrait oublier momentanément sa peine et son calvaire.

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Grissom se réveilla, sans même s'être rendu compte de s'être endormi. Il lui prit quelques instants avant de comprendre pourquoi il avait été réveillé. Il ouvrit les yeux et se redressa.

Il était toujours dans la chambre d'hôpital de Sara, mais elle était désormais plongée dans le noir. C'est à ce moment qu'il prit conscience d'un étrange bruit. On aurait dit une sirène, ou du moins, un bruit agaçant. Il balaya la pièce du regard, cherchant ce qui pouvait ainsi l'importuner. Quand ses yeux se posèrent sur le moniteur représentant le rythme cardiaque de Sara, son cœur se serra. L'écran affichait désormais une ligne irrégulière et marquée de haut et de bas. Le bruit en provenait et dénonçait l'irrégularité des battements de cœur de Sara.

Grissom se tourna rapidement vers le bouton d'urgence à ses côtés et l'écrasa sans plus de cérémonies. Les infirmiers et les médecins se bousculèrent ensuite dans la chambre. Ils se positionnèrent de chaque côté du corps inerte de Sara. Chacun vérifiait si ou ça, faisant sa tâche à la perfection.

« Arrêt cardio-respiratoire » entendit Grissom.

Un des médecin fit signe à une infirmière de faire sortir Grissom. Ce dernier était si troublé par ce qu'il se passait qu'il réagit à peine quand on le sortit de la pièce. Par la fenêtre dans la porte, il vit la ligne sur le moniteur devenir horizontale, droite. Sans vie.

Le cœur de Griss sembla exploser. De douleur, de peine, de colère, d'incertitude, de toutes ces émotions néfastes qui peuvent vous envahir dans un moment aussi grave. Il regarda, impuissant, les médecins essayer de ramener la vie dans le corps de Sara, de la femme que Griss aimait. Il sentit son cœur se déchirer en mille morceaux quand les médecins reculèrent quelques instants, avouant leur défaite.

C'était fini...

----------------------------------------------------------

Les jours suivants se déroulèrent lentement. Grissom passait l'essentiel de son temps à regarder de vieilles photos de Sara ou à rester simplement assis, observant le vide et le silence qui l'entourait. Cath et les garçons essayaient bien de l'aider, bien que ça ne donnait pas grande. Il n'avait pas faim, il n'avait pas sommeil. On aurait dit qu'il ne vivait plus, comme si son cœur s'était arrêté au même moment que celui de Sara.

C'était vraiment déchirant. Catherine finit par passer son temps chez Grissom, organisant les funérailles de son ancienne collègue et amie. Elle sentait que son ami n'en était pas capable, trop perdu qu'il était. Elle savait que Sara était enceinte et elle comprenait quand même qu'il avait perdu la femme de sa vie, en même temps que ses enfants. Il arrivait souvent qu'elle le trouvait en train de contempler une photographie de Sara, ou encore celle de Thomas qu'il avait en sa possession.

Catherine ignorait si elle devait lui parler de Thomas ou non, craignant à chaque fois sa réaction. Cependant, elle n'eut pas le temps de lui en toucher un mot et les funérailles arrivèrent bien vite. Elle espérait que la situation s'arrangerait avec cet événement. Le fait de voir le cercueil, de recevoir les messages de sympathie, ça pouvait faire des miracles...

----------------------------------------------------------

Grissom vêtit en silence son plus beau costume. Il prit bien le temps de se raser, car Sara méritait bien un dernier adieu digne d'elle et de ce qu'elle avait été. Il quitta rapidement la maison. En ce jour sinistre, il préférait ne pas s'attarder sur les derniers vestiges de Sara dans sa maison, comme le sang qui avait tâché le plancher de sa cuisine.

La cérémonie d'au revoir fut difficile et les discours, tous plus émouvants les uns que les autres. On sentait bien, que de tous ceux réunis dans la petite chapelle, personne n'était prêt à dire adieu à cette femme. Sara avait été un modèle, une amie, une collègue. Quelqu'un qui disait ce qu'elle pensait, qui souffrait en silence et qui aimait sans compter. Personne n'était près de l'oublier.

Surtout pas Grissom.

Il se tenait dans le premier rang et son discours fut sans doute le plus déchirant. Les larmes coulaient sur ses joues et il ne semblait même pas s'en rendre compte. Il finit son discours sur un "Je t'aime" si triste...

Il jeta un dernier regard à la morte dans son cercueil.  Les embaumeurs avaient fait un bon travail. Ils avaient su remettre un peu de vie dans le visage de Sara, pour son dernier voyage. Elle avait les cheveux bouclés, comme Griss avait toujours aimé. Elle portait aussi une magnifique robe noir, une couleur qui lui avait toujours été à merveille. Si ça n'avait été de la froideur étonnante de sa peau, n'importe qui aurait pu jurer qu'elle était simplement endormie.

Endormie à jamais... 

Puis, il se tint fièrement debout et les gens passèrent devant lui pour lui souhaiter leur sympathie. Mais peu importait à Grissom. Il se sentait si mal à l'intérieur que même tout l'or du monde n'aurait pu le soulager...

Ensuite, il regarda le cercueil descendre en terre. Troublé plus qu'il ne pouvait se l'avouer, il tenta tant bien que mal de garder son calme. Mais soudain, une main se posa sur son épaule, secouant légèrement son corps et...

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... Grissom se réveilla. Il ouvrit lentement les yeux, se rendant compte que tout était normal autour de lui. Normal... En réalité, rien n'était normal, mais les choses étaient telles qu'avant son sommeil et Sara était encore en vie. L'enterrement et tout ça, ce n'était qu'un cauchemar, heureusement.

Il sentit encore une main posée sur son épaule, celle de Catherine. En entrant dans la chambre, elle avait vu Gil s'agiter dans son sommeil et il lui avait semblé évident qu'il faisait un cauchemar. Elle avait réveillé Grissom avant qu'il se mette à hurler. Elle le regarda saisir la main de Sara, comme s'il voulait s'assurer qu'elle était encore vivante. Cath ignorait de quoi avait été constituer le cauchemar de Gil, mais il avait du être épeurant.

Gil tenait fermement la main de Sara dans la sienne. Malgré la présence de son amie, il embrassa délicatement les doigts de Sara, heureux qu'il ne soit pas froid comme il l'avait cru dans son cauchemar. Il ferma les yeux, puis les rouvrit. Car dès qu'il avait fermé les yeux, il avait revu Sara étendue dans son cercueil.

« Elle était morte... » murmura faiblement Grissom

Catherine comprit qu'il parlait de son cauchemar. Elle voulait lui changer un peu les idées, alors elle lui proposa un café. Il accepta et il regarda presque soulagement Catherine sortir et le laisser seul avec ses pensées. Cependant, la porte s'ouvrit quelques instants plus tard dans le dos de Gil. Il pensa que ce pouvait être Nick ou Warrick, mais ce n'était ni un ni l'autre. Et ce n'était pas non plus Greg, ou Ecklie ou quiconque du labo.

Il s'agissait d'un médecin.

Griss le regarda avec surprise pendant quelques instants. Le médecin, sans un mot, alla s'asseoir sur une chaise à l'autre extrémité de la pièce. Quand le docteur sembla accorder de l'attention aux moniteurs entourant Sara, Griss se dit qu'il devait faire partie de l'équipe de médecins qui suivaient Sara.

« Dur d'être séparé de la personne qu'on aime, hein ? » demanda soudain le docteur en rompant le silence.

Griss le fixa pendant quelques secondes avant de balbutier : « Pardon ? Vous êtes... ? »

Le médecin eut un sourire et se leva pour s'approcher légèrement de Grissom. « Bien entendu que vous ne me connaissez pas. Je suis Marlon Jones. Je suis médecin ici. Mais vous, vous êtes évidemment le docteur Grissom... » Il parla avec un ton joyeux au début, puis presque ironique.

Grissom l'observa pendant un moment, incertain. Il avait du mal à comprendre ce que voulait l'homme devant lui. Il ne lui semblait pas l'avoir jamais vu dans la chambre à Sara. Et pourtant...

« D'où me connaissez-vous ? » questionna Grissom. Il ne savait pas s'il devait être content, inquiet ou méfiant. Et naturellement venait la méfiance.

« Ho ! » s'exclama le docteur en s'approchant du lit. Il passa la main au dessus des pieds de Sara. Ça en fut trop pour Gil. Il se leva, comme pour se faire plus menaçant. « Je connais bien Sara et elle me connaît bien aussi... » dit Marlon en posant sa main sur les barreaux du lit.

Griss tourna légèrement la tête pour regarder la jeune femme toujours étendue dans son lit. Mais il revint vite vers son interlocuteur. « Ça m'étonnerait. Je partage la vie de Sara depuis deux ans. Je le saurais si vous étiez si proche qu'elle le prétend... 

Sur ce point, il était certain d'avoir raison. Si ce n'était qu'un ami, elle n'aurait eu aucun scrupule à ce que Griss le rencontre. Et elle ne pouvait pas le tromper, c'était impossible. Quand elle disait l'aimer, Gil savait que c'était pour vrai et que ce n'était pas que des mots en l'air. Et puis... où trouverait-elle le temps de voir un autre homme ? Avec leur travail, avoir une vie privée était presque impossible... à moins de sortir avec un collègue de bureau !

Marlon observa l'expression de Grissom. Il sentit qu'il venait de semer le doute dans ses pensées et c'était exactement ce qu'il voulait. « Elle connaît bien mon fils, voilà tout. Et puis, elle et ma femmes étaient de bonnes amies. »

Gil fronça les sourcils. « Étaient ? »

« Ma femme est morte il y a environ deux ans et demi. Depuis ce temps, Sara et moi nous voyions moins souvent. Notre lien était, pour ainsi dire, ma femme. » Il baissa la tête vers le sol et sembla triste pendant un instant. Grissom comprit ce qu'avait voulu dire Marlon au sujet de la personne qu'on aime. Il avait juste rêver que Sara était morte, mais il avait eu le cœur brisé. Mais l'homme devant lui avait perdu sa femme.

« Je suis désolé... » fit faiblement Grissom.

« Merci... Mais vous savez, la vie continue. Surtout avec un enfant sur les bras. Mais j'aime énormément mon fils. Thomas est ce qui m'a gardé sur les rails. C'est ma raison de vivre... »

Quand Marlon parla de Thomas, Grissom releva la tête et fixa avec incertitude le médecin devant lui. Ce dernier afficha un sourire narquois quand il vit la compréhension dans les yeux de Grissom.

« Comment... est-ce possible ? » s'enquit Grissom, ne comprenant vraiment pas.

« Peut-être devrions-nous aller discuter dans un lieu plus tranquille ? » proposa Jones.

Grissom fit non de la tête en même temps qu'il s'expliquait. « Je ne crois pas que c'est une bonne idée. »

L'air de Marlon se durcit. « Il vaudrait mieux que vous veniez avec moi... » Il s'approcha de Gil. Il n'en était plus qu'à trois pas. Grissom fit les suivants et ils furent bientôt nez à nez.

« S'agit-il de menaces ? » s'exclama Gil, sur un ton tout aussi mauvais que celui emprunté par le médecin.

« Je crois bien... » Il recula et jeta un rapide regard à la porte avant de reporter son attention vers son interlocuteur. « Je vais être clair. Si vous ne venez pas avec moi, vous n'aurez aucune chance de revoir Thomas. Et quand Sara se réveillera, je ne crois pas qu'elle sera très contente de voir que vous reniez votre fils... »

Sentant qu'il allait convaincre l'entomologiste, Marlon regarda Grissom hésiter et observer brièvement Sara.

« Où m'emmenez-vous ? » demanda-t-il en regardant encore une fois Jones.

Sa seule réponse fut le sourire de Marlon, alors qu'il le guidait vers la porte. Les deux hommes sortirent de la pièce et se dirigèrent discrètement vers les escaliers. Ils savaient l'un comme l'autre que les ascenseurs étaient filmés. Sans se parler, les deux hommes jugèrent préférables de ne pas être filmé ensemble, pour quelque raison que ce soit...

Cath sortit au même moment de l'ascenseur et elle se dirigea vers la chambre à Sara. Au loin, elle vit Grissom, aux côtés d'un autre homme, qui descendait l'escalier.

« Gil ? Gil ? » l'appela Cath.

Mais son ami ne se retourna pas, contrairement à d'habitude. Elle le regarda descendre les marches et fronça les sourcils. Ce n'était pas son genre de partir comme ça, avec un inconnu et sans dire qu'il partait. Cath entra dans la chambre et posa ses cafés sur une petite table non loin du lit de Sara. Elle se tourna ensuite vers Sara, toujours dans le coma.

« Gil est parti. Tu le sais, toi, il est où ? » Catherine ne dit rien pendant un moment, comme si elle attendait que Sara se réveille et lui raconte où Griss était parti.

Dans un soupir, Cath s'assit sur la chaise que Gil avait utilisé pendant un moment.

« Il semble que c'est moi qui vais veiller sur toi, jusqu'au retour de Gil... » marmonna la rouquine à la brunette endormie.


marguerite  (24.04.2009 à 00:05)

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